Dans son rapport publié fin juillet, l'association européenne des fabricants de pneumatiques (ETRMA) annonce un taux de valorisation de 95 % pour 2011. Et ce malgré une augmentation de 3 % des gisements par rapport à 2010, se félicite l'association. Cela représente ainsi près de 3,3 millions de tonnes collectées et valorisées. Deux modes de traitement dominent la filière européenne : la valorisation matière avoisine 1,1 million de tonnes à peu près à égalité avec la valorisation énergétique (1,118 million de tonnes). Reste pour certains pays européens, le problème de mise en décharge non résolu, qui représente au global, 144 000 tonnes. L'Italie avec 100 000 tonnes enfouies et la Grèce avec près de 20 000 tonnes sont les plus mauvais élèves. Dans le détail, ce qui est à retenir porte en particulier sur la part réelle accordée au recyclage (granulation pour la fabrication de revêtements extérieurs) et aux applications de génie civil. À ce jour, seules la France, en tête avec 50 000 tonnes utilisées dans les applications routières, et la Finlande (46 000 tonnes) jouent le jeu. La Hongrie et l'Irlande le font dans une moindre mesure (4000 et 6000 tonnes). Au regard de ses gisements - 670 000 tonnes collectées en 2011-l'Allemagne granule à hauteur de 220 000 tonnes ; le reste étant employé comme combustible. L'industrie du recyclage outre-Rhin déplore encore la trop grande place accordée à la valorisation énergétique et l'absence de débouchés dans le génie civil. Contrairement à la France, nos voisins allemands ne disposent pas de filière pneus proprement dite. Alors qu'en Allemagne, 220 000 tonnes de vieux pneus ont été recyclées en 2011, la question se pose aujourd'hui pour les granulateurs, de réglementer la collecte et le traitement et instaurer le principe de responsabilité élargie du producteur, qui n'existe pas actuellement. Les gisements sont pour l'instant gérés par l'État et pris en charge par les opérateurs du déchet.