La société girondine de traitement de déchets Editrans a jusqu'à la fin de l'année pour arrêter définitivement son activité « avec comme préalable le nettoyage complet du site ». L'arrêté préfectoral de « suppression » fait suite à plusieurs manquements à la réglementation. La société Editrans a été rachetée en 2008 par Patrice Dauvin, l'ancien patron de Sita France et à la tête aujourd'hui du groupe Ulysse. Or la déchetterie professionnelle ouverte aux artisans du BTP n'avait pas l'autorisation de trier les déchets industriels. Situé à Bassens, près de Bordeaux, le site dispose d'une capacité limitée à 500 m 3 de stockage avant tri. Pourtant, selon le préfet de Gironde, l'inspection a constaté que ce volume était d'au moins cinquante fois supérieur. Autre sujet d'inquiétude, les trois incendies sur le site, d'origine criminelle selon la direction, qui remettent en cause la sécurité de l'ensemble du site. Editrans emploie une centaine d'employés, aujourd'hui menacés par l'arrêt définitif de l'activité de l'entreprise. Pour Patrice Dauvin, cette histoire est injuste car disproportionnée. Conscient des retards pris pour se mettre en conformité, il avoue dans un entretien accordé à France 3 Aquitaine mi-juillet, ne pas avoir eu le choix : « après le dernier incendie en août 2011, et malgré l'arrêté préfectoral de suspension, nous avons poursuivi l'activité pour payer l'évacuation en centre d'enfouissement des déchets dégradés par l'incendie et détrempés ». Et d'ajouter remonté : « au lieu de nous aider, on nous a sanctionnés pour chaque retard et à ce jour, nous n'avons pu obtenir de rendez-vous avec le préfet ». Décidés à se battre pour maintenir le site, patron et salariés ont lancé une pétition de soutien le 20 juillet dernier. Début septembre, l'opération avait recueilli plus de 330 signatures. Quel que soit son degré de responsabilité, Editrans tangue aujourd'hui sur une mer agitée, dont l'issue fatale pourrait freiner le dernier projet industriel en date du groupe Ulysse : celui de valoriser à terme 80 % des DIB collectés en vue de produire un combustible de substitution.