Le rendez-vous de l'Usine Nouvelle, le 25 octobre, était consacré à la prévention et aux solutions apportées aux difficultés d'approvisionnement des matières premières, métaux ferreux et non ferreux. Parmi les intervenants, Marcel Genet, expert en stratégie mines et métaux chez Laplace conseil a brossé à grands traits le tableau de la situation économique de la Chine. Le pays est actuellement dans une incertitude politique puisque de nouveaux dirigeants devraient arriver sur le devant de la scène. Un certain nombre de dossiers les attend : une extrême pauvreté et à l'inverse un enrichissement important, l'urbanisation, les problèmes d'environnement. La disparité économique est extrêmement for te. Marcel Genet a rappelé que la croissance de la production d'acier a démarré au lendemain des lois de réformes de Deng Xia Ping « il a fallu 20 ans pour trouver le nouveau modèle. » Entre 2000 et 2012, la Chine a sextuplé sa production d'acier pour une consommation principalement interne.
S'il est question aujourd'hui du ralentissement de l'économie chinoise, l'intervenant relativise « la croissance diminue en pourcentage mais pas en valeur absolue. » Elle est cependant plus volatile depuis 2008 car la Chine est imbriquée dans l'économie mondiale. L'expert assure cependant que nous devrions voir en 2013 une relance de son économie. Il lui reste encore fort à faire puisque seuls 20 % de son infrastructure est construite. Marcel Genet est revenu sur les craintes de voir arriver les aciers chinois en Occident indiquant que le pays n'a aucun intérêt économique à exporter de l'acier, lequel consomme pour sa production beaucoup d'énergie, de capitaux et peu de main-d'œuvre. Il est taxé à l'export à hauteur de 40 % auxquels s'ajoute la TVA. « Mieux vaut le transformer en produits finis. »
L'acier, un marché régional
Quelque 50 % des matières premières sont consommées en Chine. Les hausses de prix ces dernières années ont conduit à des investissements miniers. Un bon quar t de ces mines sont « high cost » précise l'expert avec un coût d'exploitation très élevé. « Les investisseurs dans les mines de second rang sont dans la difficulté », précise-t-il. Un acheteur d'acier peut se couvrir sur les matières premières car, rappelle Marcel Genet « l'acier est un marché régional qui achète des matières premières mondiales. » Les perspectives à court terme, ne sont pas roses pour l'industrie sidérurgique européenne. Le marché des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) est difficile à percer et les États-Unis sont dans une situation plus positive avec un marché du travail qui se redresse plus facilement grâce à la flexibilité et l'impact des gaz de schiste sur le marché de l'énergie. « D'après mes calculs, note Marcel Genet, la production d'acier aux États-Unis progressera de 20 à 25 % d'ici 2020, en substitution des importations et au détriment de l'Europe. »