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Les majors du déchet partenaires de l'économie solidaire

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2012
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Les partenariats entre industriels du déchet et structures d'insertion n'existaient pas, il y a quinze ans. Aujourd'hui, ils se multiplient, en cotraitance, via une réponse commune aux appels d'offres, ou en sous-traitance. Entre-temps, le cadre réglementaire a fait bouger les lignes. « Les champs de recou­ pement entre nos activités sont désormais importants, allant parfois jusqu'à de la concurrence directe », observe Valérie Fayard, déléguée générale d'Emmaüs France. Les grands groupes commencent à collecter les tex­ tiles par exemple, alors que sur ce secteur, l'éco nomie sociale était dominante. Inversement, certaines structures d'insertion répondent désormais aux appels d'offres déchets de collectivités ou d'éco-organismes. « Il y a de la place pour tout le monde, car nos objectifs divergent, et les activités qui nous intéressent, celles à fort contenu de main-d'œuvre, sont les moins attractives pour les indus­ triels », analyse Valérie Fayard. Sur le terrain, les partenariats prennent les formes les plus variées. Ainsi, l'initiative de Veolia Propreté avec Elise pour dé ve lopper la collecte et le recy­ clage des papiers de bureaux se dis tingue du cadre habituel des clauses d'insertion. Son objec­ tif : 50 000 t de papiers par an et 500 emplois solidaires. Le partenariat na tional de Paprec avec ATF Gaia, une entreprise adaptée qui emploie 80 % de travailleurs handicapés et donne une seconde vie aux parcs infor­ matiques et télécoms, s'inscrit dans le même esprit. De tels partenariats globaux restent toutefois une exception. « L'efficacité de ces collaborations vient de leur adaptation au local. Nous n'avons pas d'accord-cadre : c'est du cas par cas. Nous avons uniquement des conventions sociales avec les grands acteurs sur des passerelles pour le retour à l'emploi », explique Richard Debauve, président d'Envie. Pas de cadre unique non plus chez Emmaüs. « On recommande sim­ plement la diversification à nos adhérents : pour maintenir le rôle social de la structure, il ne faut pas qu'elle soit mono-activité, ni qu'elle dépende d'un partenaire », précise Valérie Fayard. En Indre-et-Loire, Tri 37 est un exemple de diversification réussie. Cette entreprise d'inser­ tion, membre d'Emmaüs France, collabore avec Coved (12 salariés sur le centre de tri de Tours), mais aussi avec SLG Recycling (réseau Praxy) en sous-traitance pour le démontage d'écrans, dans le cadre d'un contrat avec Eco-Systèmes, et avec Paprec pour la collecte de papiers-cartons sur de petits sites. En cotraitance, elle a aussi assuré avec Veolia Propreté la collecte des D3E pour Eco-Systèmes sur le département entre 2007 et 2012, contrat qui n'a pas été reconduit. « Pas question d'être exclusif, même si certaines entreprises ont parfois un peu de mal à l'accep­ ter, annonce Jean-Michel Jolly, le gérant de Tri 37. La confiance s'est développée avec le temps. Lorsqu'on s'est implanté sur le ter­ ritoire, il y a quinze ans, ils ne nous voyaient pas arriver d'un bon œil. Mais, aujourd'hui, ils savent que nous sommes complé men taires. » À Besançon, Coved collabore, de son côté, avec succès, avec l'asso­ ciation Gare-BTT depuis un an sur un centre de tri. « Les relations entre le chef d'équipe de Coved et l'encadrant de la structure d'in­ sertion sont les facteurs clés de la réussite de tels partenariats », témoigne Tony Leroy, responsable de l'agence est de Coved. Cas particulier, le groupe Sita a créé, il y a dix ans, sa propre entreprise d'insertion : Sita Rebond. Filiale à 100 % du groupe, elle entretient avec lui une relation d'exclusivité qui n'est pas réciproque : le groupe contractualise parfois avec d'autres structures d'insertion, en fonction des demandes du maître d'ouvrage ou des circonstances locales. « Nous sommes reconnus comme une entreprise d'insertion sérieuse, se félicite Pierre­Jean Lacombe, directeur général. Sita Rebond n'a pas vocation à faire des bénéfices et perd d'ailleurs un peu d'argent chaque année, mais elle remplit pleinement son rôle : nous accompagnons envi­ ron 1 000 personnes par an, avec un taux de “sortie positive” vers l'emploi de près de 60 %. » une personne sur cinq obtient un emploi dans le groupe. Une sur trois en décroche un dans le secteur de l'environ­ nement, y compris chez des concurrents. Comme toutes les entreprises d'insertion, Sita Rebond est subventionnée (à hauteur de 20 % de son budget) par la direction régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi (Direccte), qui contrôle de près l'atteinte de ses objectifs. « Les gens qui affirment que les entreprises d'insertion cassent les prix ne connaissent pas du tout notre activité. Les surcoûts d'encadrement, de formation, d'accompagnement justifient les subventions qui nous permettent juste de nous situer, en termes de prix, à égalité avec les acteurs tra­ ditionnels du marché », estime le directeur.


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