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RECYCLAGE

Sous pression, les recycleurs réagissent

LA RÉDACTION, LE 1er FÉVRIER 2013
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Ils sont nombreux à le déplorer. 2012 a pâti d'une baisse certaine des volumes de déchets à traiter. De l'ordre de 25 % d'après les témoignages des recycleurs implantés dans le Nord de la France. Certains, notamment les petites structures spécialisées dans la récupération des métaux, ont même davantage souffert, leurs clients préférant se rendre en Belgique où la réglementation en cours leur permet encore d'être payés en liquide. La cause de cette baisse générale des volumes : un ralentissement de l'activité industrielle régionale. Une tendance confirmée par le baromètre de la Banque de France sur la conjoncture économique, qui faisait état en décembre sur le Nord-Pas-de-Calais « d'une régression des volumes fabriqués dans les produits industriels, hors alimentaires, et la fabrication des matériels de transport ». Le fait que le site Agora de Sita Nord peine à finir de commercialiser ses parcelles à Noyelles-Godault est révélateur de ce ralentissement d'activité du secteur du recyclage. Indra, le spécialiste du démantèlement de VHU y arrête son activité, les pertes de son site ayant atteint près de 3 millions d'euros en 2012. En revanche, Galloo Plastics termine l'extension de son site d'Halluin où il pourra bientôt traiter jusqu'à 50 000 tonnes de plastiques par an. « Début 2012, nous avons remporté le marché des VHU récupérés dans les réseaux concessionnaires des marques importées, hormis Volkswagen », précise Olivier François du groupe Gal-loo dont le chiffre d'af faires a atteint les 720 millions d'euros en 2012. Des nouveaux débouchés Crise ou pas, certains recycleurs voient plus loin et cherchent à donner davantage de valeur à leurs matières recyclées. Ceux qui en ont les moyens et l'ambition réagissent en s'équipant de nouvelles installations pour accroître leur valeur ajoutée. Ce qui les avantage alors pour trouver de nouveaux débouchés. C'est le cas des plus grosses PME indépendantes de la région dont la situation financière est bien maîtrisée. Comme savent si bien le faire les entreprises familiales du Nord, quel que soit d'ailleurs leur secteur d'activités. Et elles bénéficient pour cela de l'expertise de l'ingénieriste Neo-Eco Recycling, créé en 2008 à Haubourdin, qui travaille avec tous les acteurs de renom du recyclage de la région et même au-delà. « Nous étudions avec Sita Nord l'implantation à Noyelles-Godault d'une unité de traitement des sables de fonderie, des matériaux de déconstruction et des sédiments d'origine fluviale en vue d'obtenir un matériau avec lequel fabriquer des équipements urbains. Des discussions sont en cours avec un partenaire industriel qui préfère taire son nom pour l'instant », indique Christophe Deboffe, cogérant de Neo-Eco Recycling avec Ludovic Verbrugge. À Harnes, l'ingénieriste a aidé Ramery Environnement à installer une nouvelle ligne de criblage de pneus. Et son client a d'autres projets dont celui d'optimiser le re-cy clage des matières plastiques usagées. « Nous avons réussi à décrocher de nouveaux marchés. Aussi notre chiffre d'affaires a-t-il légèrement progressé en 2012 et atteint les 62 millions d'euros », se félicite Mathieu Ramery, PD-G de Ramery Environnement. La branche valorisation industrielle du pneumatique de cette entreprise a signé avec Aliapur, le principal organisme chargé de la valorisation des pneus usagés en France, un contrat de cinq ans portant sur une prestation complète de transformation des PUNR (Pneumatiques usagés non réutilisables). Ce qui a entraîné la mise en service en septembre 2012 de la nouvelle ligne de criblage qui commencera par traiter 3 000 tonnes de PNUR par an, avec pour objectif d'atteindre les 12 000 tonnes à partir de 2014. D'ambitieux projets Les projets de Baudelet Environnement ne sont pas moins ambitieux. À Blaringhem, le groupe a démarré la construction d'une unité de méthanisation de déchets organiques et lance un projet de production de CSR. Deux chantiers de grande envergure dans lesquels il n'investit pas moins de 12 millions d'euros. Fin 2012, le groupe familial s'est également doté d'un sixième site de tri à Bailleul et étudie les opportunités d'en ouvrir un septième au sud du département du Nord dans le courant 2013. La crise n'a pas entamé les ardeurs du recycleur nordiste qui, déjà en 2009, n'avait pas hésité à créer une cellule d'innovation avec deux jeunes ingénieurs. De plus petite taille, mais tout autant dynamique, Coenmans n'envisage pas d'investir à nouveau sur son site de Béthune, mais travaille sur de nouvelles solutions pour augmenter la rentabilité de sa nouvelle ligne de broyage de câbles en vue d'accroître ses taux de valorisation et ses capacités de traitement de nouveaux produits, comme la fibre optique par exemple. « Nous cherchons également à optimiser le traitement des DEEE et des métaux ferreux et non ferreux », indique Yves Gilles, directeur de Coenmans qui espère voir bientôt aboutir le projet d'agrandissement du port fluvial de Béthune et Beuvry. Le recycleur pourrait ainsi davantage utiliser la voie d'eau pour le transport de ses matières. Un atout logistique qui lui permettrait de réduire ses coûts et décrocher de nouveaux marchés. Autre acteur important du recyclage dans la région, le métallurgiste Terra Nova passe à la vitesse supérieure à Isbergues et consacre 2,5 millions d'euros sur sa dernière levée de fonds de 4 millions pour monter en puissance son procédé de récupération des métaux rares présents dans les cartes électroniques usagées. De 900 tonnes de concentrés de métaux rares extraits par mois en 2012, sa production devrait monter à 1 500 tonnes mensuelles d'ici à fin 2013, dont pourront être ensuite extraites chez ces clients affineurs 375 tonnes de cuivre, 45 kg d'or, 900 kg d'argent, 37,5 kg de palladium, ainsi que de l'étain. De 4,5 millions d'euros en 2011, le chiffre d'affaires de Terra Nova est passé à 12 millions en 2012 et devrait atteindre 25 millions en 2013. « Notre activité est aujourd'hui rentable », affirme Christian Thomas, directeur général de l'entreprise et président depuis peu du pôle de compétitivité Team2 (Technologies de l'environnement appliquées aux matières et matériaux). Un pôle qui redresse la barre en se recentrant sur les métaux stratégiques, les plastiques et les sédiments pollués.


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