Avec le débat public qui s'ouvre ce 15 mai pour six mois, le projet de centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs (Cigéo) franchit encore une étape dans la longue procédure réglementaire qui doit conduire, en 2019, à sa construction dans la Meuse à 480 mètres de profondeur. Le choix du stockage géologique a été entériné le 28 juin 2006 par le Parlement. Depuis, l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a mis en place à Bure un laboratoire souterrain en lieu et place du futur centre industriel qui sera exploité durant cent ans pour stocker progressivement les déchets de moyenne activité (70 000 m3 ) et de haute activité (10 000 m3 ) produits par la France en cinquante ans. Si le calendrier du projet financé par EDF, le CEA et Areva est déjà arrêté (mise en service en 2025), l'Andra va néanmoins profiter du débat public pour exposer sa vision de la réversibilité du stockage. Ce point central fera l'objet d'une nouvelle loi prévue en 2016. Comme le souligne Thibaud Labalette, directeur des programmes de l'Andra, « la réversibilité vise à faciliter le retrait éventuel des déchets stockés. Mais ce concept ouvre beaucoup de questions. Notamment, comment seront décidées les opérations de fermeture progressive du stockage ? Celles-ci rendront plus complexe le retrait ultérieur des colis, mais elles sont nécessaires pour assurer la sécurité définitive des déchets. En tant qu'opérateur technique, l'Andra n'a pas vocation à répondre seul. Nous allons donc proposer que des points d'étape réguliers soient organisés durant la vie du stockage pour associer les collectivités et la société civile à ces décisions ».