Avec un taux de recyclage de seulement 32 % en 2012, l'emballage ménager métallique intéresse aujourd'hui Eco-Emballages pour lui permettre d'augmenter les performances des centres de tri. Le Ceela* s'est associé à l'éco-organisme et l'Association des maires de France pour lancer sur trois ans Projet métal. Depuis cinq ans, une expérimentation a lieu sur quatre sites (Var, Lot, Hauts-de-Seine et Alpes-Maritimes) disposant de centres de tri équipés pour l'occasion. À l'instar du site de Pizzorno à Le Muy (Var), les fractions légères en alu-minium, cataloguées en refus de tri, qui finissaient enfouies ou incinérées, peuvent désormais être récupérées et mises en balles. Dans ce projet, est également intégré le fabricant de dosettes individuelles de café Nespresso. Une fois consommées, ces capsules (pourtant pas considérés comme des emballages) sont prises en compte dans le traitement. Une démarche où chacun semble trouver son compte. Eco-Emballages de cette façon capte de nouveaux flux à forte valeur ajoutée en soutenant les collectivités à hauteur de 278 euros/t tandis que Nespresso s'offre une belle campagne de pub en finançant la collecte de ses produits (soit 20 % du flux estimé) à hauteur de 300 euros/t. Pour rendre cette filière rentable, Eco-Emballages vise les 60 t/an par centre et espère étendre l'opération à 25 centres de tri, même si la démarche reste basée sur le volontariat des collectivités. Enfin, la société agréée travaille sur un standard expérimental pour établir un cahier des charges qualitatif sur la matière traitée. Il faut savoir que l'équipement adapté pour traiter ce type de flux représente entre 100 000 et 300 000 euros (mise en place d'électroaimant et de machines à courants de Foucault sur les refus de tri, modifications des installations si nécessaire). L'idée à terme est de massifier le gisement collecté pour développer sur le territoire, une unité de pyrolyse capable de recycler sans dégrader cette fraction aluminium. À ce jour, ces petits emballages mis en balles (250 tonnes jusqu'à présent) partent chez l'allemand Alunova, près de la frontière française. De là à envisager rapidement une généralisation des consignes de tri, il faudra sans doute attendre encore quelques années. Le temps que le modèle économique fasse ses preuves. Pour l'instant, il s'agit plus d'une campagne marketing réussie pour Nespresso