Films, photos ou radiographies argentiques sont supplantés depuis une dizaine d'années par le numérique. Pourtant leur déstockage quand le besoin se présente, nécessite de traiter ces produits dans le respect de la loi. Interdits dans la benne tout venant pour des questions environnementales et de confidentialité, les clichés radiologiques en milieu hospitalier intéressent depuis une vingtaine d'années la société Rhône-Alpes Argent, l'un des rares établissements français valorisant ces produits. Son activité repose sur la collecte et le traitement de produits contenant des sels argentiques. Avec le temps, plusieurs gisements se sont taris, mais les établissements hospitaliers disposent encore d'archives importantes à traiter. La société possède une usine à Genas, près de Lyon, où ces produits en fin de vie sont valorisés en toute sécurité. Après plusieurs lavages, le film support en polyester est débarrassé de son revêtement (mélange de gélatine et de bromure d'argent) et revendu à la filière plastique. Les boues résiduelles issues des bains d'enzymes sont ensuite compressées en galettes. Dirigées vers un calcinateur, celles-ci partent en fonderie pour en extraire l'argent. « À ce jour, notre usine traite entre 600 et 1 000 t/ an de ces produits, explique François Birukoff, directeur commercial. La valeur marchande de l'argent autour de 500 euros/kg et son emploi dans les nouvelles applications électroniques nous assurent une activité rentable ». Depuis un an, l'entreprise a installé 1000 points de collecte en partenariat avec les mairies, déchetteries, pharmacies, cabinets de radiologie, etc. Pourtant, François Birukoff estime seulement entre cinq et sept ans, la poursuite de cette activité. L'entreprise se prépare à sa diversification. Travaillant également dans la destruction de documents confidentiels (dossiers patients, archives de films numériques), Rhône-Alpes Argent espère développer cette spécialité à moyen terme pour le secteur médical.