Le problème est apparu en Allemagne, pays du désencrage, au début des années 2000. Sous l'impulsion de l'association internationale de l'industrie du désencrage, Ingede, basée à Munich, les premiers tests réalisés au moment du recyclage du papier ont mis en évidence des problèmes techniques liés à l'emploi de certaines encres sur certains types de produits. Après avoir cerné et circonscrit les aléas que pouvait engendrer l'utilisation du jet d'encre, Ingede et les papetiers suspectent aujourd'hui les encres HP indigo, difficilement détachables du papier, malgré plusieurs boucles de lavage. En France, à l'initiative de Norpaper, fabricant de testliner blanc et recourant à des déchets d'imprimeurs de sorte 3.10 et 2.06, un groupe de travail a été créé fin 2013. Si le problème n'est pas récent, l'impact sur les papiers recyclés est de plus en plus important et visible. « Il est sans doute lié à une augmentation des ventes de ces encres, explique Caroline Zaplet, responsable des achats matières premières chez Norpaper, car les effets commencent même à apparaître sur d'autres sortes comme le 1.11 et 2.05. » Cela se traduit par un poivrage du papier qui, en sortie de process, récupère la même quantité d'encre qu'à l'entrée, car elle prend la forme de minuscules pastilles flottantes dans les bains de lavage. Le groupe de travail sous l'égide de Copacel mise beaucoup sur la réunion avec les experts de l'enseigne HP qui devrait se tenir cet automne. À son issue, un programme d'actions pourrait voir le jour, intégrant les chercheurs, mais aussi les acteurs de la récupération. Objectif : trouver des moyens de détection en amont pour éviter les désagréments techniques rencontrés en papeterie. Selon Ingede, les dommages pour une usine papetière (papier inutilisable, arrêts de production) sont estimés à plus de 100 000 euros.