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Le PET opaque, bête noire des recycleurs

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Par la rédaction, le 20 février 2017
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Quand la bouteille de lait fait l’objet d’un reportage au journal télévisé et de rassemblements organisés par Zéro Waste France pour sa non-recyclabilité, les acteurs de la filière emballages sont mis sur la sellette. Le problème est bien réel : le PET opaque, qui remplace à grande vitesse le PEhd opaque dans les bouteilles de lait, n’est pas recyclable ! En effet, pour sa conservation, le lait nécessite d’être à l’abri de la lumière. Les fabricants ajoutent donc un agent opacifiant au plastique de la bouteille. Historiquement, du polyéthylène haute densité (PEhd) additivé de dioxyde de titane ou de noir de carbone.Depuis peu, certains emploient du polyéthylène téréphtalate (PET), avec les mêmes agents opacifiants. Pour les industriels, le PET n’a que des avantages : un process simplifié et une plus grande précision des formes qui permettent la suppression de l’opercule en aluminium pour l’étanchéité. Et comme il est moins dense que le PEhd, une bouteille en PET est 25 % plus légère. Ce qui se répercute, à la baisse, sur l’écocontribution payée par le metteur en marché. Au final, les coûts de production s’en trouvent réduits d’environ 30 %.Après utilisation, le consommateur jette cette bouteille avec les autres contenants, conformément aux consignes de tri. Dans les centres de tri, le PET opaque est mis en balles avec le PET coloré, et les deux matériaux sont recyclés ensemble. Mais il y a des limites à ce mélange, car au-delà d’un certain seuil, la qualité de la matière se dégrade ou les machines se bouchent. Or, les quantités de PET opaque explosent : Suez, Veolia ou Paprec voient les taux flirter entre 12 et 15 % dans les balles en PET coloré, contre 4 % il y a dix-huit mois. On frise désormais le seuil maximum, et ce n’est pourtant pas fini. Selon les projections d’Elipso, le syndicat des fabricants d’emballages en plastique, les volumes vont encore augmenter : toutes les bouteilles de lait devraient être en PET opaque d’ici cinq ans, et d’autres marchés (hygiène, etc.) sont en train de l’adopter. De quoi donner des sueurs froides aux recycleurs. « D’habitude, quand on ne sait pas quoi faire d’un PET recyclé, il reste toujours l’utilisation sous forme de fibres. Mais ce n’est pas vrai avec le PET opaque », explique Sébastien Petithuguenin, directeur général de Paprec.L’impasse dans laquelle se trouve la filière illustre bien son manque de gouvernance. Dans cette chaîne, chacun accuse le maillon précédent. Depuis deux ans, les recycleurs et les collectivités reprochent aux fabricants de ne pas tenir compte de la fin de vie des produits, quand ceux-ci se félicitent d’une bouteille écoconçue. « L’allègement est tel que la fin de vie est négligeable dans le calcul de l’impact environnemental de la bouteille », assène Emmanuel Guichard, délégué général d’Elipso. Même argument chez Eco-Emballages, qui ne peut fournir, à l’instar d’Elipso, une analyse du cycle de vie comparative. « Il est quand même regrettable, que vingt-cinq ans après le lancement de la REP emballages, les producteurs prévoient encore la montée en puissance d’un plastique non recyclable. Et que l’éco-organisme en charge de la filière n’ait rien fait », proteste Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce.Les recycleurs proposent leur solution. « On sait trier, puis recycler le PET opaque, mais il n’y a pas de marché pour cette matière. Il faut la mettre dans les refus des centres de tri », réclame Sébastien Petithuguenin, rejoignant l’avis du Syndicat national des régénérateurs de matières Plastiques (SRP). « En attendant de trouver une solution durable, nous avons mis en place un surtri manuel qui garantit l’équilibre économique de la filière », précise Marc-Antoine Belthé, directeur de Veolia Propreté France Recycling.Pour calmer le jeu, Eco-Emballages propose deux leviers. D’une part, une aide pour les recycleurs, négociée avec le SRP à 25 euros la tonne de PET coloré entrante. « Calculée sur les tonnages 2016 – soit environ 40?000 tonnes –, cela représente un million d’euros au titre de l’année 2017 », indique Carlos de Los Llanos, directeur tri et recyclage d’Eco-Emballages. En contrepartie, Eco-Emballages veut comprendre les contraintes techniques et commerciales des recycleurs, leur bilan matière incluant la destination du PET opaque, et engager des études pour mieux gérer la variabilité du PET opaque dans le process. D’autre part, l’éco-organisme lance un programme de R&D en trois volets pour améliorer l’écoconception des emballages en PET opaque (notamment sur les opacifiants utilisés), trouver des débouchés industriels au PET opaque recyclé, et coopérer avec les recycleurs pour mettre au point des solutions de gestion de cette matière à court terme. Le tout est budgété à hauteur de 1.5 million d'euros. « Si des financements supplémentaires sont nécessaires, nous pourrons majorer la contribution liée au PET opaque, concède Carlos de Los Llanos. Ce n’est pas la même chose qu’un malus ». La différence est subtile.Ces propositions devraient permettre d’arrondir les angles et de sortir de la crise, mais laissent entière la question de la gouvernance de la filière. En effet, tout cela a un air de déjà vu. Dans le passé, le PVC et les bouteilles de Badoit rouge ont pollué les flux de PET clair, tout comme les bouchons en céramique dans la filière du verre. Eco-Emballages a réagi en instaurant un malus doublant le montant de l’écocontribution pour les perturbateurs de tri, et en créant le Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques (Cotrep), qui a d’ailleurs publié deux avis techniques sur le PET opaque.Et pourtant, les mêmes causes produisent toujours les mêmes dysfonctionnements. « Il y a trop peu d’échanges entre les metteurs en marché, les trieurs et les recycleurs. Eco-Emballages est le seul point de convergence », constate Aurélien Toupet, directeur France de l’activité tri et recyclage chez Suez. « Le problème, c’est qu’on réfléchit trop tard », explique Christophe Viant, chez Federec, qui veut créer cette année un Centre d’expertise du recyclage incluant une instance pour réunir toutes les parties prenantes. De son côté, Amorce pousse la Commission consultative d’agrément de la filière à s’emparer du sujet.Pour Amorce, Federec et Zero Waste France, il est nécessaire d’inverser la logique et d’appliquer d’office un malus à tout nouveau matériau sans filière de recyclage. Ce que refuse Eco-Emballages. « Nous n’appliquons pas de malus à cette bouteille innovante qui répond aux consignes de tri actuelles », rétorque Carlos de Los Llanos. Pour rappel, Eco-Emballages décide d’attribuer un malus aux emballages qui n’offrent pas de fonctionnalité particulière et pour lesquels il existe une alternative. Mais une autre possibilité du cahier des charges n’a pas été exploitée : « Il faudrait mettre en place un bonus pour l’utilisation de PET opaque recyclé, comme cela a été fait par le passé sur le carton recyclé. C’est tout à fait faisable dans le cadre du barème actuel », avance Christèle Chancrin, experte en écocontribution et dirigeante d’E3 conseil, rejointe en cela par Amorce.Ce qui est sûr, c’est que faute d’améliorer le dialogue au sein de la filière, d’autres crises sont à venir. Car de nouveaux perturbateurs du tri pointent leur nez : les possibilités de recyclage des flux de plastiques mixtes (Pehd/PP, Pehd/PPE/PS) sont très réduites, sans compter les poches rechargeables, non recyclables. De nouvelles résines, comme le PEF, sont en développement. Mais, marketing et secret industriel obligent, Avantium, son fabricant, ne communique pas sur sa composition, mais annonce la construction d’une usine de 50?000 tonnes par an. « La multiplication des perturbateurs de tri est un sujet critique », s’inquiète Aurélien Toupet. Reste à savoir quand les acteurs tireront la leçon de cette énième crise.Albane Canto 
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