Nos PME évoluent désormais dans un environnement où normes, obligations déclaratives, certifications et procédures s’additionnent jusqu’à former un véritable maquis réglementaire. Chacune de ces règles peut répondre, isolément, à une intention légitime, mais leur accumulation produit un effet que l’on mesure trop rarement. Elle renchérit le coût de produire en France.
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L’exemple du plastique à usage unique est un exemple parmi tant d’autres. Leur interdiction a obligé une filière entière à revoir ses matières premières, ses procédés et parfois son outil industriel. Certains fabricants ont investi plusieurs millions d’euros pour s’adapter et continuer à produire en France. Cet effort, qui devrait constituer un avantage, peut pourtant devenir un handicap lorsque des produits importés, soumis à des exigences moindres ou jouant des ambiguïtés de la réglementation, occupent le marché à moindre coût. C’est là que l’excès de réglementation devient contreproductif. Une norme mal calibrée ne protège plus, elle déplace la production. Elle ne favorise plus les acteurs vertueux, elle avantage ceux qui disposent des moyens de la contourner, de l’absorber ou de produire ailleurs.
La simplification doit donc être pensée comme une politique industrielle. Simplifier ne signifie pas déréglementer, mais hiérarchiser, clarifier et stabiliser. Avant toute nouvelle obligation, il faudrait évaluer son coût réel pour une PME, supprimer les formalités redondantes et vérifier qu’une même exigence s’applique de manière effective aux produits importés. Nous avons besoin de règles moins nombreuses, plus lisibles, plus stables et mieux contrôlées. Nous devons aussi retrouver un principe de cohérence. Ce que nous interdisons ou rendons plus coûteux à produire ici ne peut pas revenir sur notre marché par l’importation sous une autre forme.
Toute nouvelle norme affectant l’industrie devrait ainsi être jugée aussi à l’aune de ses conséquences sur la production nationale. Une règle qui contribue, même indirectement, à déplacer la fabrication hors de France manque une partie de son objectif. À force de réglementer sans simplifier et de contraindre sans protéger, nous risquons de finir par administrer des entreprises fantômes.