Malgré ce que l'on pourrait croire, la propreté urbaine est assez peu consommatrice de produits chimiques. Et même lorsqu'on aborde la propreté des locaux, la tendance des fabricants est de s'éloigner des produits trop agressifs chimiquement pour s'orienter vers la mise au point de « produits verts », moins nocifs pour les matériaux traités et, surtout, pour les usagers.
Des solutions alternatives à l'étude
En ce qui concerne le nettoiement de la voirie, le problème écologique concerne très directement l'utilisation de l'eau. Nettoyer une rue nécessite des litres et des litres d'eau ce qui, dans certaines régions touchées par des phénomènes de sécheresse récurrents, suscite de réelles inquiétudes. Dans certaines communes, les élus ont cherché des solutions. A Reims par exemple, c'est l'eau de vidange des piscines qui est utilisée pour nettoyer la voirie. Mais à plus long terme, cet effort qui peut être salué, ne représente qu'une goutte de quelques milliers de mètres cubes d'eau car il ne permet d'assurer que quelques jours de lavage.
Une autre solution est à l'étude chez Véolia : la récupération de l'eau de pluie. Malheureusement, les infrastructures font cruellement défaut.
Autre point sensible : la consommation des carburants nécessaires au fonctionnement des engins et la pollution qu'elle engendre. Plusieurs sociétés de nettoiement travaillent activement sur le sujet et l'on a vu apparaître ces dernières années des engins de nouvelle génération fonctionnant au gaz naturel. Quant aux moteurs électriques, ils commencent aux aussi à faire leur apparition, mais le mouvement est encore lent et l'autonomie des batteries encore insuffisante pour certaines communes.
Reste aussi une autre forme de pollution que les administrés citent en tête des enquêtes effectuées : la pollution sonore. Qui n'a pas pesté contre le bruit sourd d'un souffleur de feuilles mortes, le tintamarre d'une benne à ordures... ? Selon les professionnels, bien que des améliorations aient été apportées, la marge de progression reste conséquente. Il ne reste plus qu'à...
-'incivisme rend les élus verts... de rage
Si les élus redoublent d'efforts et de moyens pour faire face aux exigences de leurs administrés, nombreux sont ceux qui ne décolèrent pas face à l'incivisme de ces mêmes demandeurs. Lors du dernier Salon des Maires, un atelier avait permis de prendre la mesure de la progression des incivilités de leurs administrés, notamment en matière de propreté. « Ils veulent que les rues soient propres, que rien ne déborde et ceux qui ont ces exigences sont parfois les premiers à laisser leur chien s'abandonner sur un trottoir sans ramasser, à déposer des déchets de chantier n'importe où sauf où il faudrait, à ne pas trier leurs déchets... et devinez sur qui ça retombe ?... », a-t-on pu entendre lors des débats.
Toujours en quête de solutions, de nombreux élus ont misé sur l'éducation de leurs concitoyens. A Villepinte, par exemple, la municipalité a lancé il y a quelques années, une campagne de communication et d'affichage mettant en exergue et moquant les comportements inciviques des habitants. Portés par l'image d'une fillette, les messages ont touché et même piqué au vif certains fautifs nous a-t-on confié à la mairie. Mais, nous a-t-on précisé : « c'est un travail de longue haleine. Il n'est pas facile de changer des comportements en place depuis des années et des années, mais nous poursuivons et nous notons déjà quelques améliorations. » D'autres, de guerre lasse, ont opté pour des méthodes plus radicales, comme des amendes modulées selon le « délit » et, comme on pouvait s'en douter, toucher ce point sensible a permis d'améliorer certains comportements. Entre éducation et répression, aux élus de trouver la bonne mesure et à leurs administrés de prendre conscience que la propreté de leur commune est aussi leur affaire...