Les sinistrés de la tempête Xynthia dont les maisons sont menacées de destruction ne désarment pas. Le 24 avril dernier, ils décidaient de passer à l'action en bloquant l'Ile-de-Ré. Ils étaient près de 500 (700 selon les organisateurs) à défiler sur le pont le reliant l'île au continent pour exiger une « concertation » dans la définition des « zones noires » décrétées inhabitables par l'État et rebaptisées depuis, comme pour apaiser la colère, « zones de solidarité ». « Nos villages sont une famille laissez-nous vivre ensemble ! », « Raser non, endiguer oui ! » ou « Arrêtez-vos zoneries ! », pouvait-on lire sur les banderoles. A leurs côtés, plusieurs élus parmi lesquels Jean-François Faget (maire de Charron), Patrick Blanchard (président de la Communauté de communes du Pays marandais), Suzanne Tallard (maire d'Aytré), Jacky Laugraud (maire de Port-des-Barques), Michaël Vallet (maire de Marennes), Jack Dillenbourg (adjoint de La Rochelle)... Au total, ce sont 33 maires de communes concernées et 8 associations de défense des sinistrés que la visite du ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, à La Rochelle, n'a pas démobilisés.
Dans un entretien au Figaro (24/04), le préfet de Vendée, défendant la cohérence du plan de l'État déclarait : « Je suis frappé de l'amnésie généralisée. Depuis les 7 et 8 avril, tout se passe comme si on oblitérait totalement la tragédie du 28 février et ses 29 morts (NDLR : le bilan est de 53 morts dont 29 à la Faute-sur-Mer). Cette amnésie me stupéfie. A commencer par l'amnésie des élus locaux (...) qui font comme s'ils avaient oublié tout le travail préparatoire qui a abouti à cette cartographie... » Les élus apprécieront...
Oui, il est grand temps d'arrêter les « zoneries »...