Le ministre de l'Éducation Luc Chatel annonçait le 26 avril sur RMC la fermeture de 1 500 classes à la prochaine rentrée, confirmant ainsi l'évaluation donnée la semaine dernière par le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire.
Sachant qu'il y aura « 25 élèves par classe en maternelle contre 27 dans les années 90 », que l'on en comptera « 22 dans le primaire contre 23 au milieu des années 90 », qu'il y aura « plus de professeurs et moins d'élèves qu'il y a quinze ans » et, considérant qu'enfin « 245 000 classes de premier degré à la rentrée, c'est sensiblement le même chiffre qu'il y a quatre ou cinq ans » : expliquez la colère des enseignants, des parents et des élus où ont lieu ces fermetures... Avouez qu'un théorème qui mêle autant de dates, de chiffres et d'élèves est un peu difficile à comprendre. D'autant que si l'on en croit le SNUipp-FSU, il faut aussi prendre en compte la suppression de 8 967 postes d'enseignants : « pour la première fois, le solde est négatif, on va fermer plus de classes qu'on ne va en ouvrir. Les principales classes concernées seraient celles de maternelle et d'élémentaire, celles qui doivent justement accueillir 4 900 élèves de plus. »
Et si plutôt que de se renvoyer des chiffres à l'infini, les partenaires se mettaient autour d'une table pour aborder, enfin, les vraies problématiques qui minent l'Éducation nationale et sapent le moral de tous comme : la répartition des postes d'enseignants, le remplacement de ceux qui s'absentent, les logiques comptables au nom desquelles on ferme une école à un élève près... Dans une motion adoptée à l'unanimité le 14 avril dernier, l'AMRF résumait parfaitement cette situation ubuesque en dénonçant « une politique strictement comptable dénuée de fondement pédagogique, de vision prospective des territoires ou de prise en compte des rythmes de vie des familles. »