La moitié, voire les trois quarts du temps sur le terrain, le reste au bureau : un technicien de Spanc (service public d'assainissement non collectif) doit aimer à la fois être sur les routes et faire du suivi administratif. Le coeur du travail consiste à se rendre chez les particuliers pour inspecter les dispositifs d'assainissement non collectif (ANC) existants ou contrôler les installations nouvelles. « En général, je suis très bien reçu. J'apprécie le contact avec les personnes âgées », témoigne Pascal Masson, technicien au Spanc du Sivom du Bazadais (33), situé sur un territoire très rural. Des contacts humains importants, puisqu'il est seul dans son service - une situation relativement courante dans ce métier. Les relations avec les collègues sont limitées dès lors aux forums internet spécialisés, très nombreux.
Une visite de terrain prend environ une heure : il faut repérer les différents éléments du système d'épuration, les défauts éventuels d'usure, l'environnement de la parcelle... Il est aussi important de vérifier avec le propriétaire tous les justificatifs d'entretien du système. « Il faut avoir de bonnes qualités d'observation. C'est un travail parfois physique, qui demande de soulever des plaques, des charges », note Laurene Desages, technicienne chez Veolia Eau - les entreprises privées du secteur de l'eau réalisent souvent les contrôles en tant que prestataire de services des Spanc.
Afin de préparer les visites, un travail est nécessaire en amont : réunions d'explication, courriers, prises de rendez-vous... En aval, le technicien doit rédiger le rapport de visite et assurer un suivi des dossiers. Le contact avec les particuliers implique aussi de savoir expliquer en termes clairs le bon fonctionnement d'un système d'épuration, les obligations réglementaires, les évolutions en cours... Et pour cela « d'avoir une très bonne connaissance de la réglementation et de la technique. C'est important face aux argumentaires des commerciaux qui vendent des microstations », raconte Alexandra Braak, technicienne et responsable du Spanc de la fédération Eau 47.
Depuis quelques mois, nombre de systèmes d'épuration ont en effet reçu un agrément, alors qu'auparavant les filtres à sable étaient la seule filière autorisée. Une trentaine est aujourd'hui agréée. « Les agréments sortent au fur et à mesure, et nous n'avons pas toujours le temps de nous mettre à la page techniquement », regrette Alexandra Braak. Quelque peu submergés, les techniciens voient leur métier changer, l'ANC étant devenu un marché d'avenir pour de nombreux fabricants de solutions d'épuration. Leur rôle de conseil aux particuliers est de plus en plus essentiel, mais aussi de plus en plus difficile et délicat.