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TERRITOIRES

Ces cavités souterraines qui nous menacent

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2014
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Un risque technologique devenu naturel au fil des siècles, c'est l'histoire du risque lié aux cavités souterraines, bien souvent associé à d'anciennes carrières, abandonnées et oubliées avec le temps. Pourtant, sous les effets conjugués de l'eau et des sollicitations du sol, ces vides souterrains peuvent s'effondrer et provoquer d'importants dégâts matériels et humains. Si certains territoires sont plus touchés que d'autres (Nord, Picardie, Normandie, régions parisienne et bordelaise…), un inventaire national réalisé par le BRGM estime déjà à 150 000 le nombre de cavités en France. En termes juridiques, le propriétaire du terrain est responsable du sous-sol, et si cavités il y a, de leur recherche jusqu'aux travaux de comblement. En cas d'intervention, le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM, dit fonds Barnier) peut être mobilisé à hauteur de 30 % par les collectivités comme par les particuliers et ce taux pourrait être revu à la hausse. Le risque lié aux cavités peut être intégré aux plans de prévention des risques naturels (PPRN) Mouvement de terrain. Depuis fin 2012, le ministère de l'Écologie a publié un guide pour l'élaboration de PPRN Cavités. Les pouvoirs publics ont en même temps approuvé un Plan national pour la prévention des risques liés aux effondrements de cavités souterraines. Déployé sur les années 2013 à 2015, il comprend neuf actions liées au développement de stratégies locales, à l'information et au savoir. Une des actions phares vise à tester cette année sur une commune pilote la mise en place de programmes contractuels entre l'État et les collectivités pour la prévention de ce risque, à l'image des Papi (programmes d'action de prévention des inondations). « L'enjeu est de sensibiliser les collectivités à l'existence de cet aléa caché. Nous préconisons la création de services spécialisés dans la gestion des cavités. Le regroupement intercommunal peut être une bonne formule », souligne Vincent Courtray, chef du bureau des Risques naturels terrestres au ministère de l'Écologie. Dans le Calvados, la ville de Caen, construite sur 80 ha de carrières souterraines, a créé son service spécialisé dans le recensement, la surveillance des carrières et l'information du public dès 1955. Les zones concernées ont été inscrites au plan d'occupation des sols (POS) dès 1984 et intégrées dans un dossier d'information communal sur les risques majeurs (Dicrim) en 2004. L'instruction des permis de construire et les déclarations de travaux des entreprises sont gérées par le service carrières, qui informe aussi du risque les particuliers, les notaires et les sociétés géotechniques. Caen a dû réagir, à l'été 2013, à l'effondrement de six parcelles provoqué par un orage. L'état de catastrophe naturelle a été déclaré, accompagné d'arrêtés d'interdiction d'occuper. Pourtant, un propriétaire a choisi de rester. « C'est à ses risques et périls ! », estimait Philippe Duron, député-maire de Caen lors de la Première Rencontre nationale de prévention des risques cavités souterraines organisée en octobre 2013 par le ministère. L'événement a réuni plus de 200 participants pour partager les retours d'expérience des collectivités impliquées. Il en va ainsi de la communauté d'agglomération de Saumur qui pilote l'inventaire des troglodytes et de champignonnières abandonnées dans vingt-deux de ses communes . « C'est une porte d'entrée. Il faut ensuite pouvoir réaliser un diagnostic de danger et mené des actions de consolidation systématique », juge Gérard Persin, maire de Mont-soreau (49), une ville qui stabilise depuis quatre ans ses coteaux en rachetant pour un euro symbolique les parcelles abandonnées à restaurer. En Seine-Maritime, le conseil général soutient le recensement des anciennes marnières et, en domaine public, l'auscultation et le comblement. Dans les périmètres à risque, les permis de construire sont refusés et des travaux peuvent s'imposer aux particuliers. « Nous les incitons à se regrouper. À Mont-Saint-Aignan (76), où près de 200 habitants sont concernés, l'association Indices MSA informe les propriétaires et se charge de la maîtrise d'œuvre », a signalé Pierre Leautey, député de Seine-Maritime et ancien maire de la ville. Valenciennes, confrontée depuis 2005 à la nécessité de stabiliser son centre-ville, organise la maîtrise d'ouvrage en domaine privé. Des conventions de travaux incluant subventions publiques et prêt à taux zéro sont signées avec les riverains concernés. « Notre objectif est d'aider nos concitoyens à sauver leur bâti », estimait ainsi Bernard Potaux, adjoint au maire de Valenciennes.


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