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Notre-Dame-des-Landes : le sol inadapté à la construction d’un aéroport, selon une étude scientifique

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Notre-Dame-des-Landes : le sol inadapté à la construction d’un aéroport, selon une étude scientifique
Par Anthony Laurent, le 14 décembre 2017
Il y a quelques mois, un chercheur du CNRS rendait public une méta-étude scientifique concernant l’efficacité des techniques de consolidation du sol prévues sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Résultat ? La méthode constructive retenue se révèle inadaptée au bocage nantais.

Alors que les médiateurs mandatés par le gouvernement français au sujet de l’avenir du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) considèrent, dans leur rapport remis ce 13 décembre au Premier ministre, que l’aménagement de l’infrastructure nantaise existante est une solution crédible, une étude scientifique, rendue publique il y a quelques mois, vient enrichir l’argumentaire des opposants à l’aéroport.

Selon la compilation de cinq thèses de doctorat récentes consacrées au traitement des sols argileux par liants hydrauliques (chaux et mélange chaux-ciment), réalisée par Luc Brohan, chercheur au CNRS en physique et chimie des matériaux, le bocage nantais se révèle inadapté à la construction d’un nouvel aéroport. La consolidation des sols prévue par le concessionnaire AGO-Vinci – un traitement sur 60 cm de profondeur – ne serait en effet pas suffisante pour durcir les terres argileuses et humides de la zone.

« Les pistes de l’aéroport se mettront à gondoler au bout de quelques années »

Réalisées entre 2010 et 2012, les thèses doctorales – conduites dans le cadre de projets multi-partenariaux – ont mis en évidence que la présence de certains composants chimiques (micaschistes, sulfures/sulfates, nitrates, phosphates, matières organiques, etc.) entamaient la portance des sols. L’une des thèses a notamment montré que « des échantillons de sols prélevés à Vigneux-de-Bretagne [sur la zone de Notre-Dame-des-Landes] et préalablement consolidés par des liants hydrauliques perdaient complètement les effets du traitement quand on mettait de l’eau dans la partie traitée ! », explique Luc Brohan. Et d’ajouter : « La présence dans le sol de « perturbateurs chimiques » peut avoir des effets délétères sur la consolidation et la présence d’eau dans le sol traité finira par annihiler tous les effets du traitement dans un délai rapide. »

Plus précisément, l’eau présente sous la couche traitée remontera à terme par capillarité. « Plus les éléments du sol sont fins, ce qui est le cas à Notre-Dame-des-Landes, plus le phénomène de capillarité est important. Il en résulte que l’eau atteindra la partie traitée et délitera petit à petit l’effet du liant », commente le chercheur. Avant de poursuivre : « Des pistes pourraient à la rigueur être construites sur un tel sol, mais elles ne résisteront pas au temps. Elles se mettront à « gondoler » au bout de quelques années. Or, les exigences de planéité des pistes sont rédhibitoires.

Décider… de ne rien décider

D’autres solutions techniques peuvent être mises en œuvre pour améliorer la portance des terres du bocage nantais – comme la construction de longs pieux verticaux en béton armé ou l’apport extérieur de matériaux de remblais – mais elles pourraient accroître significativement le coût du projet d’aéroport. Dans ce cas également, l’épineux problème de l’artificialisation des sols à Notre-Dame-des-Landes (sur plus de 1.000 hectares) reste inchangé. Il s’agit là du « handicap principal » du projet de nouvel aéroport, selon les médiateurs.

Ce 13 décembre, ces derniers – Anne Boquet, Michel Badré et Gérald Feldzer – ont ainsi remis leur rapport à Edouard Philippe, après six mois de réflexion et l’audition de près de 300 personnes. La décision finale revient désormais à l’exécutif. Le Premier ministre a d’ores et déjà fait savoir qu’une décision « claire et assumée » sera prise « d’ici à la fin du mois de janvier ».
Source : Flickr.
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