Comment réduire les rejets de la pisciculture ? Les déjections des poissons sont actuellement rejetées dans les cours d'eau après une simple filtration mécanique. Régis Thomas, propriétaire de l'exploitation de la Douffine, dans le Finistère, a choisi d'anticiper le durcissement de la réglementation en s'inspirant d'une technologie danoise. Celle-ci repose sur une filtration biologique des rejets par des bactéries qui « consomment » l'ammoniaque émise par les poissons. Pour augmenter le nombre de bactéries, l'ammoniaque subit d'abord une déferrisation : en pénétrant dans l'élevage, elle circule sur une sorte de grillage cylindrique en contact avec l'air, ce qui provoque son oxydation. Les particules de fer tombent au fond du bassin. L'eau passe ensuite au travers de billes de plastique alvéolées, qui « piègent » les bactéries. « C'est ça, la révolution danoise, souligne Régis Thomas. Avant, j'utilisais de l'argile, mais le résultat était peu satisfaisant. Grâce à ces médias filtrants, on parvient à concentrer un grand nombre de bactéries dans un faible volume d'eau. » Plusieurs modèles seront utilisés pour optimiser la filtration selon les bassins (alevinage, élevage, maturation). L'éleveur a investi 100 000 e pour ses recherches, et prévoit encore 150 000 e pour les travaux d'installation, si l'administration autorise ce nouveau système. Régis Thomas a sollicité des aides de l'État et de l'agence de l'eau Loire-Bretagne. S'il les obtient, il promet d'ouvrir son exploitation à ses concurrents. « La profession a beaucoup à y gagner », dit-il. Les cours d'eau aussi : il existe plus de 400 piscicultures en France.