Les entreprises privées de l'eau sont-elles des entreprises modèles ? Il est en tout cas difficile de leur trouver des défauts dans la deuxième édition des Données économiques, sociales et techniques réalisée par le Bipe pour le compte de la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E). Au-delà des données classiques sur la satisfaction croissante des usagers ou sur la croissance modérée du prix de l'eau, cette enquête fournit des informations moins connues. Ainsi, les entreprises de l'eau sont des employeurs qui non seulement recrutent mais parviennent à fidéliser leurs salariés. Le secteur s'en tire plutôt bien par rapport aux autres entreprises de services : taux de CDI le plus élevé avec 95 %, taux de démissions le plus bas avec 1,6 %, et faible taux de licenciements avec 1,3 %. Leurs salariés bénéficient par ailleurs d'un nombre d'heures de formation au-dessus de la moyenne. Enfin, sur le sujet plus délicat de la concurrence, on apprend que 8 à 10 % des contrats changent d'opérateur chaque année. Aujourd'hui, sur 29 000 services de distribution d'eau, près de 9 000 sont délégués à un opérateur privé. Et l'année 2006 s'annonce exceptionnelle, avec 730 appels d'offres pour la gestion de l'eau ou de l'assainissement. En général, pas de surprise, le mode de gestion est reconduit dans 96 % des cas. Le passage de la régie à l'affermage ne concerne que 3 % des procédures et le contraire est encore plus rare : 1 % seulement.