Avec 11 000 hectares acquis depuis 1977, le Var est particulièrement bien doté en espaces naturels sensibles (ENS). « Étant donné la forte pression foncière qui s'exerce sur le département, la cagnotte de la taxe départementale des ENS a été mise à profit pour de nouvelles acquisitions », explique Delphine Thibault, directrice adjointe de l'environnement et de l'équipement rural au conseil général. Rentrés dans le giron départemental, certains espaces, auparavant à vocation agricole, commençaient à être envahis par la forêt. « Pour conserver des milieux ouverts et hétérogènes, plus favorables à la biodiversité, nous avons décidé de réintroduire l'agriculture sur 22 d'entre eux, soit près de 3 000 ha », souligne la responsable. D'où le lancement, en juillet dernier, d'un appel à candidatures auprès d'agriculteurs. « Nous mettrons des terrains à leur disposition contre un loyer modéré de 1,55 e l'hectare en moyenne, à condition qu'ils respectent le cahier des charges de l'agriculture biologique. » Un comité technique (conseil général, chambre d'agriculture et Syndicat des jeunes agriculteurs) sélectionnera à la rentrée les dossiers retenus. « Nous privilégierons les jeunes, les plus proches du mode de production biologique et cultivant déjà une certaine surface. » Une convention viendra alors sceller le contrat entre le département et chaque exploitant pour cinq ans, sauf sur les cultures pérennes. « La grande majorité des espaces (quinze) retrouveront ainsi leur vocation première de pâturage. Restent sept terrains dont quatre déjà plantés d'oliviers et un d'amandiers. Finalement, seuls deux vont accueillir des cultures annuelles (céréales ou légumineuses). »