Avant d'espérer stocker du CO2 dans les couches géologiques profondes, il faut le récupérer et le séparer des autres gaz. Pour les centrales existantes, la seule solution est de le capter dans les fumées de combustion (lire EM n° 1648 p. 61). Avec deux objectifs en tête : réduire le coût de cette étape, qui représente 70 % des coûts du stockage, et alléger la dépense énergétique lors de cette séparation. Dans cette optique, la société Alstom va construire, l'an prochain, une unité de démonstration de capture du CO2 de 15 000 tonnes par an sur le site de la centrale électrique de 5 MW d'E.ON à Karlshamn, dans le sud de la Suède. Ainsi qu'une unité jumelle de 80 000 tonnes de CO2 par an sur la raffinerie de Mongstad (Norvège), qui appartient à la société Statoil. L'installation devrait être opérationnelle en 2010. Le procédé développé par Alstom est à base d'ammoniaque réfrigéré. Il permettrait de capter 90 % du CO2 émis dans les fumées de combustion, en n'entraînant qu'une perte d'énergie de 10 % de la centrale électrique, contre 30 % pour les procédés actuels à base d'amines. Les fumées sont d'abord refroidies entre 0 et 15 °C, à pression ambiante, puis envoyées vers une solution de carbonate d'ammonium. Le CO2 réagit avec cette solution et forme du bicarbonate d'ammonium. Il suffit ensuite de mettre ce bicarbonate sous une pression de 20 bars pour extraire le CO2 et récupérer le solvant. Alstom estime que le coût de la tonne de CO2 ainsi évité s'élèvera à 13 euros, contre 50 à 60 euros avec les procédés actuels de capture par amines. L'entreprise croit tellement à sa technologie qu'elle a signé en mars dernier un contrat avec American Electric Power pour une unité de capture à l'échelle commerciale en 2011, à Oologah, dans l'Oklahoma.