Ce n'est pas qu'une rumeur, il y a bien deux vaches Highlands et six brebis solognotes en plein 9-3. Ces animaux font partie d'une expérience d'agropastoralisme pour entretenir une friche au coeur du nouveau parc départemental de la Haute-Île. « Il y a quinze ans, le projet d'une base de loisirs nautiques avait fait réagir les associations de protection de la nature. Le conseil général a dû revoir sa copie. Et, aujourd'hui, nos opposants sont devenus nos partenaires », se réjouit Guillaume Gaudry, adjoint à la direction des espaces verts du conseil général. Cette concertation a conduit à préserver 65 ha de nature, entre la Marne et le canal de Chelles, qui seront accessibles au printemps prochain. Le parc est consacré à la fois à la conservation de la biodiversité, à la valorisation du site archéologique qu'il recèle et à l'accueil du public. Il a fallu trouver un équilibre et accepter les concessions. « La nidification de l'épervier d'Europe nous a contraints à diminuer la surface prévue pour l'aire de pique-nique boisée, et la découverte d'un gué gallo-romain a repoussé le tracé d'un chenal », détaille Guillaume Gaudry. Mais rassurons-nous, les brochets auront bien leur frayère. Les futurs brochetons seront destinés au repeuplement de la Marne. Quant à l'impact écologique du chantier lui-même, il a été atténué grâce à la création d'un port sur le canal de Chelles. Huit péniches ont remplacé les 80 camions journaliers nécessaires à l'évacuation des matériaux pendant les deux ans de terrassement. Un surcoût de 30 centimes la tonne que le conseil général espère récupérer à l'avenir en convertissant le site en embarcadère de plaisance. Le parc de la Haute-Île est un joli projet, dont le coût de 11 millions d'euros (hors accès et parkings) n'est pas à la portée de tous les départements...