« Une tondeuse dans le ciel ! » Voilà comment France-Marie Chauvelot, présidente du Comité d'action contre le bruit des hélicoptères, définit le ballet des oiseaux motorisés sur l'héliport d'Issy-les-Moulineaux, à la limite sud de Paris. Pourtant, au nom de son association, elle a signé la charte environnementale, qui fait office de compromis entre limitation des nuisances et maintien d'une activité économique vitale pour la capitale. Ce document plafonne les mouvements à 12 000 par an, 50 maximum le week-end, et admet une réduction des vols de trafic (survols du site sans passage par l'héliport) pour, à terme, les supprimer. De plus, elle restreint l'accès à l'héliport aux appareils récents. Toutefois, lors d'évènements exceptionnels tels que le salon du Bourget, ces plafonds pourront être levés.
Ces termes ont été approuvés oralement par les parties prenantes en mars dernier. Mais les discussions sont loin d'être closes. Si Aéroports de Paris, le gestionnaire du site, l'Union française des hélicoptères, le représentant des usagers, l'État et les autorités aéronautiques ont signé, certaines collectivités locales (conseil régional, Ville de Paris) et certaines associations résistent encore. « Malgré des points très positifs, nous ne signerons pas cette charte », annonce par exemple François Gouesse, délégué de Val de Seine vert. « Le Grand Prix de formule 1 de Magny-Court (distant de quelque 300 kilomètres, NDLR !) ne doit pas donner droit à une ouverture particulière et l'année 1972 n'est pas vraiment une référence pertinente pour définir ce qu'est un appareil récent », défend François Gouesse. Michel Riottot, d'Environnement 92, ajoute qu'« il faut des sanctions pour cadrer les trajectoires de vol. Et 12 000 vols autorisés, c'est une augmentation nette des mouvements par rapport à l'année dernière ». À la direction de l'Aviation civile, Thierry Reviron, responsable du secteur Nord, est embêté : « Nous manquons de support législatif. Aujourd'hui, l'infraction environnementale n'est pas définie. » Quoi qu'il arrive, « la charte sera appliquée », affirme-t-on à la préfecture de police de Paris.