Des chercheurs de l'université de Bonn, en Allemagne, ont eu l'idée d'utiliser des mousses végétales afin de filtrer les particules polluantes en suspension dans l'air. Ils ont en effet observé que, tel un chiffon biologique, ces végétaux absorbent une grande partie des particules nocives. Les 5 millions de petites feuilles d'un tapis de mousse d'un mètre carré, dont la surface présente une charge électrique négative, fixent d'abord électrostatiquement les ions ammonium (NH4+), très représentés dans la composition d'une poussière. Ensuite, cet élément nutritif essentiel à la croissance végétale est absorbé par les mousses. Cet ion est aussi utilisé par les bactéries vivant à leur surface. De fait, les particules en suspension ne sont pas seulement fixées, elles sont transformées en biomasse. « Les principes de la réduction des particules dans l'air existaient déjà, ils n'avaient seulement pas encore été appliqués aux particules polluantes », précise le professeur Jan-Peter Frahm, responsable de l'équipe de recherche. Dans leur laboratoire, les scientifiques ont déversé des poussières de plomb et de baryum sur différents tapis de mousses. Après quelques heures, ils ont rincé les substrats et à partir de la teneur en particules de l'eau de rinçage, ils ont pu déterminer la capacité de fixation des végétaux. Résultat : chaque mètre carré de mousse a retenu jusqu'à 20 grammes de particules, alors que le taux d'émission moyen le long d'une route à fort trafic est estimé à 14 grammes par mètre carré de sol et par an. « Le prix des tapis est de 10 euros le mètre carré, précise Jan-Peter Frahn. Des essais sont déjà en cours sur le terre-plein central de l'autoroute A 562 à Bonn. D'autres sont prévus à Berlin Est, dans la Frankfurter Allee ».