On ne vous apprend rien, les écotechnologies constituent une opportunité de développement économique très importante pour les entreprises européennes. Le secteur de l'environnement connaît un taux de croissance supérieur au PIB, une progression constante depuis plus de dix ans et une demande très forte apparaît dans les pays émergents, notamment l'Inde ou la Chine. Mais, pour rester dans la course, l'innovation et sa diffusion doivent être au rendez-vous. Un défi relevé en 2003 par le programme européen Étap, et qui prend aujourd'hui toute sa dimension. Étap est l'acronyme anglais de « plan d'action pour les écotechnologies ». Cet ambitieux projet attaque le marché des écotechnologies sous tous les angles : développement des procédés, commercialisation et diffusion internationale. C'est dans le domaine du soutien de l'offre que les travaux sont les plus engagés. Et l'environnement s'intègre largement dans les travaux des plates-formes technologiques européennes (hydrogène, photovoltaïque, épuration des eaux, etc.). Au plan national, la refonte du soutien à l'innovation participe également de cette démarche. L'ANR, l'AII et les pôles de compétitivité donnent une cohérence et du poids aux choix de R %26 D, notamment en environnement.
En revanche, le passage au stade commercial reste souvent un casse-tête, même si la structure des pôles de compétitivité facilite par essence cette étape. Mais ce qu'a mis Étap en évidence, c'est l'absence d'outils de validation des performances des écotechnologies pour faciliter leur arrivée sur le marché. Il y a deux ans, à Paris, un représentant de la DG Environnement de la Commission européenne soulignait combien les expériences américaines et canadiennes de validation volontaire et indépendante des nouvelles technologies étaient pertinentes pour rassurer le marché. Mais, en Europe, un système équivalent n'existe pas encore. On suivra donc avec attention la troisième conférence internationale des systèmes de vérification des performances des écotechnologies, organisée sur le salon Pollutec*. Elle rendra compte des dernières réflexions (notamment de l'Institut de prospective de Séville) sur ce que devrait être ce système européen de validation et sur les moyens de sa reconnaissance à l'international. Cette validation simplifiera le travail réalisé par ailleurs pour stimuler les stratégies d'achats verts ou pour clarifier les soutiens financiers divers, à l'investissement ou à l'exportation. Le programme Pexe (Plan export pour les éco-entreprises), qui a fêté ses dix ans en octobre, s'en trouvera assurément renforcé.