Elle se développe plutôt dans l'ombre, mais legionella aime aussi la lumière... En effet, cette bactérie fait souvent l'actualité à cause de son goût prononcé pour les réseaux d'eau chaude hospitaliers et les tours aéroréfrigérantes, causant des maladies en série. Mais la Polymerase Chain Reaction (retenez PCR) débarque en 2003. Normalisée en 2006, cette technique de biologie moléculaire bouleverse les méthodes de détection. Contrairement à la méthode des cultures, qui donne un résultat a posteriori, elle permet un suivi en temps réel, ou presque, et en mode prédictif. « En France, dans 87 % des cas, nous sommes capables de donner le résultat en trente-six heures après le prélèvement », se félicite Matthieu Bernier, directeur médical du laboratoire d'analyse Higidiag. Contre trois à dix jours traditionnellement, l'avantage est sérieux. Avec elle, « identification et quantification spécifique garanties » : elle offre la possibilité de mesurer soit toutes les espèces de légionelles, soit seulement Pneumophila Legionella, l'espèce responsable de la légionellose, sur laquelle sont basés les seuils réglementaires. Cette arme de prévention massive va jusqu'à jouer les modestes : avec 250 à 300 euros par mois en fonction de la taille du parc de tours (source Higidiag), son prix abordable amène certains propriétaires de tours aéroréfrigérantes à opter pour un suivi hebdomadaire. Problème : seuls les résultats à partir de cultures sont homologués par la réglementation. Mais qu'importe, les discussions pour faire reconnaître la PCR vont bientôt commencer.