Quand on dit PM10, PM2,5 ou PM0,1, on n'indique pas l'heure en anglais... Mais plutôt que l'heure est, en Angleterre et ailleurs en Europe, aux discussions sur les PM, les particle matters, ces particules aériennes de diamètre inférieur à 10, 2,5 ou 0,1 microns, selon le chiffre qui suit, et qui se fichent dans nos alvéoles pulmonaires. Ces discussions visent à leur assigner des plafonds de concentration dans l'air. Le récent colloque de restitution du projet « Aérosols et particules » du programme Primequal en a parfaitement rappelé l'enjeu sanitaire, mettant en avant les réponses inflammatoires des cellules épithéliales bronchiques. Le choix de cibler les PM2,5 est acquis (les PM10 sont déjà réglementées), mais reste à arrêter une valeur limite (lire aussi l'enquête p. 32). Les scientifiques plaident pour 5 ou 10 µg/ m3, alors que la Commission européenne, suivie par le Conseil, propose 25 µg/m3 en moyenne annuelle. Pour l'instant, le Parlement propose 20 µg/m3, ce qui constitue déjà un défi pour beaucoup d'agglomérations urbaines. Le Conseil doit statuer ces jours-ci, y compris sur l'échéance (2010 ou 2015) et sur le degré de coercition (valeur cible ou obligatoire). Retenir la granulométrie de 2,5 µm constitue une vraie avancée, mais, pour les experts, le seuil de 1 µm serait encore plus pertinent. D'une part parce que sur le plan sanitaire, plus les particules sont fines, plus les réactions inflammatoires des voies respiratoires sont vives (ces particules étant plus carbonées et pénétrant plus profondément dans les poumons). D'autre part, parce que ce serait plus efficace en termes d'action. En effet, plus les particules sont fines, plus leur origine est anthropique. Toutefois, sur le plan métrologique, toutes les difficultés ne sont pas résolues. Reste le cas des particules ultrafines (0,1 µm), pour lesquelles on manque cruellement d'études épidémiologiques et de techniques de mesure.