C'est dans le cadre d'une thèse qu'un chercheur normand travaillant en collaboration avec l'Inserm de Rouen et l'université du Havre a mis au point un test original d'évaluation de la génotoxicité des produits chimiques. Son idée a été d'utiliser une levure dont il a modifié le patrimoine génétique en y introduisant le gène humain TP53 dont on admet qu'il est impliqué dans plus de la moitié des cancers. Reste à observer l'éventuelle mutation du gène quand la levure est exposée à un composé potentiellement génotoxique. Pour utiliser cette levure modifiée comme test, il a fallu trouver le moyen d'identifier facilement la mutation génétique. Pour cela, le chercheur s'est appuyé sur une protéine, exprimée par le gène TP 53, dont les fonctionnalités sont altérées après la mutation. Une altération qui se traduit par un changement dans le rapport des fluorescences vertes sur rouges. Autre difficulté résolue, celui de la bioactivation du produit testé. En effet, tous les produits ne sont pas directement mutagènes et ce pouvoir ne se révèle qu'après une cascade métabolique intracellulaire. Il a donc fallu intégrer des éléments (essentiellement des enzymes) pour reproduire le métabolisme de la cellule humaine. Ainsi, la levure exprime de manière assez fidèle le potentiel mutagène intrinsèque d'un composé, même si celui-ci reste lié à la nature de l'exposition (ingestion, inhalation...) et aux types de cellules exposées. Ces travaux devraient donner lieu à la création d'une entreprise. Le chercheur, hébergé dans l'incubateur haut-normand Acceval, réalise les études de marché et le cadre juridique sur les fonds du Concours national de la création d'entreprises innovantes dont il a été lauréat cette année.