À Yerres, dans l'Essonne, baigneurs et trottoirs se lavent dans la même eau. Sous les 53 douches, les usagers de la nouvelle piscine municipale ignorent pourtant tout de la seconde vie de l'eau avec laquelle ils se nettoient. Entraînée dans les entrailles du bâtiment, elle y est filtrée, traitée et désinfectée par un appareil compact baptisé Aquacycle. Vingt-six mètres cubes sont « nettoyés » chaque jour puis stockés en sous-sol. Grâce au traitement, ils peuvent attendre sagement que des agents municipaux viennent « faire le plein » pour nettoyer les voiries ou arroser les espaces verts. La consommation électrique du procédé est en moyenne de 1,2 kWh/m3 et n'utilise aucun produit chimique. « Cette solution stable en qualité et quantité était plus intéressante pour nous que la récupération d'eau de pluie. Avec un prix du mètre cube d'eau à 4 euros, l'investissement de 180 000 %26euro; devrait être rentabilisé en moins de sept ans », estime Roger Davito, directeur technique de la commune. L'investissement sera d'autant plus vite rentabilisé si le projet de loi permettant d'utiliser à l'intérieur des bâtiments des eaux non potables trouve une issue favorable. Les douches pourraient alors aussi alimenter les toilettes de la piscine. Si le projet de loi est adopté, il deviendrait intéressant pour de nombreux bâtiments de traiter leurs eaux grises. Dans cette optique, la société Hangrohe, qui a conçu et développé l'Aquacycle, a un projet avec le groupe Accor pour équiper ses hôtels et donner une seconde vie à l'eau des douches des voyageurs