Le projet européen Sigmea (Sustainable introduction of genetically modified crops into European agriculture), lancé en 2004 dans douze pays et coordonné par l'Inra, a rendu ses principaux résultats sur la coexistence des cultures d'OGM et non-OGM. La compilation des données a montré une dispersion à longue distance pour le maïs et la persistance des repousses de colza génétiquement modifié dans le temps. Le respect du seuil réglementaire de présence fortuite (fixé à 0,9 %) ne paraît donc possible pour des cultures isolées de maïs qu'à la condition d'instaurer des distances d'isolement (de l'ordre de 20 à 50 m). Dans le cas de cultures intensives de maïs ou sur des espèces comme le colza, l'étude conclut que ce seuil n'est respectable que par une séparation géographique des cultures. « Dans des régions comme l'Alsace, où le maïs représente plus des trois quarts des superficies emblavées, la spécialisation des cultures OGM [c'est-à-dire ne faire que de l'OGM sur tout un secteur] devient la solution la plus raisonnable, confirme Antoine Messéan, responsable de l'unité « Impacts écologiques des innovations en production végétale Eco-Innov » à l'Inra, qui a piloté le projet. Ce type de mesure nécessiterait un accord entre les agriculteurs, ce qui est une autre affaire. » La coexistence à l'échelle locale est, dans la majorité des cas, techniquement impossible si l'on veut garantir l'absence totale de contamination. « Le règlement européen a instauré le seuil de 0,9 % mais la filière revendique le 0 % détectable », souligne le chercheur.