Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?

Haro sur les fuites !

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2008
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Près de 500 millions de mètres cubes pourraient être préservés sur le réseau d'adduction d'eau potable français. Pas si simple car la détection de fuite n'est pas une science exacte malgré une riche boîte à outils. Elle peut s'effectuer sur trois échelles : la prélocalisation, la corrélation acoustique et l'écoute au sol directe. La prélocalisation, au coeur du métier, se fait à l'aide de capteurs acoustiques placés sur une zone de quelques kilomètres pour écouter les bruits suspects, en général la nuit. Une fois la fuite circonscrite, on affine la recherche à l'aide de corrélateurs. Ces appareils utilisent deux, trois, voire dans de rares cas ( Neotek, Hydreka) quatre et plus, capteurs acoustiques, qui écoutent le réseau et dialoguent pour définir le point de fuite. Celui-ci est alors validé par une écoute au sol. Cette stratégie itérative répond à une recherche de productivité et de réduction de l'intervention humaine. La tendance est même à la prélocalisation permanente, ce qui implique l'ajout d'un module de communication (GSM ou radio). « Cela change la perspective. On analyse le réseau de façon comparative », explique Gilles Boulanger, directeur technique à la Lyonnaise des eaux. L'exploitant suit les évolutions du bruit, et même un petit bruit anodin (qui peut être une grosse fuite) constitue une alerte. De même, on repère les fuites cachées ou les fuites en chaîne, puisque, après une première fuite détectée et réparée, l'écoute reste active. Ce sont des milliers de mètre cubes gagnés, comme en témoigne l'expérience dijonnaise de Lyonnaise des eaux où 165 capteurs (de Sewerin) ont contribué à une amélioration du rendement du réseau de 81 à 85 % (1 million de mètres cubes économisés sur 2006). Si elle est très séduisante, la prélocalisation permanente n'est pas sans difficultés. Il faut laisser à demeure un appareil en milieu hostile et gérer des modules de communication (pour l'instant GSM). « Il arrive que le signal GSM ne passe pas dans des bouches à clés en ferraille », souligne Alain Soulié, d'Hydreka, qui a décidé de proposer une solution mixte radio-GSM avec un module GSM en dehors de la bouche à clé communiquant avec le prélocalisateur ( Permalog) par radio. Mais le GSM a un coût d'exploitation non négligeable, lié à l'abonnement (carte SIM) et aux batteries. Mieux cerner l'offre L'idée est donc de s'orienter vers la transmission radio (prototype chez Hydreka). « Ce serait plus favorable puisque nous utilisons déjà des réseaux radio pour la télérelève des compteurs », soulignent plusieurs experts. Il faut aussi savoir choisir son capteur : un accéléromètre (sur canalisation métallique) ou un hydrophone, au coeur du flux d'eau. L'un est simple d'installation, mais moins sensible, l'autre est complexe à poser, mais affiche une longueur de perception plus élevée. Sur des réseaux plastiques ou sur de gros réseaux où les capteurs sont trop espacés, le choix de l'hydrophone peut s'avérer judicieux. Enfin, il faut s'interroger sur la capacité de l'opérateur à exploiter une masse importante de données. Lyonnaise des eaux a ainsi développé en interne un système expert capable de traduire les informations. Car la donnée brute n'a pas grand sens tant les cas sont divers (type de canalisation, pression, environnement...). En tout état de cause, l'expérience humaine est primordiale. Le fondateur d'Hydreka craint d'ailleurs que la recherche de la productivité et une course à la baisse des prix, associées à une réduction constatée des formations, ne nuisent à l'efficacité. Le phénomène touche la prélocalisation et aussi la corrélation. « Les discours commerciaux s'orientent vers la communication et le prix et oublient la technique », ajoute un autre fournisseur. Or l'utilisateur doit pouvoir s'appuyer sur des outils performants et fiables. D'où l'intérêt des travaux menés par Veolia Eau sur les prélocalisateurs qui ramène le débat sur la performance. Pour la première fois, un protocole d'essais sur des bruits types et différentes fréquences a été défini. « L'objectif est de s'assurer que les appareils ont des réponses proportionnelles au niveau de bruit reçu, ce qui leur permet d'identifier les bruits les plus faibles, et de vérifier également si des appareils identiques d'un même fabricant répondent de la même manière à un même bruit », explique Jean-Paul Guillaume, responsable de l'évaluation des équipements dans l'unité réseaux à la direction technique de Veolia. Huit équipements ont ainsi été évalués sur la fiabilité de leur réponse, l'homogénéité de production (même réponse à un même bruit), de fréquences couvertes, de sensibilité... Recherche de simplification « Cette question de la fiabilité dans la réponse est essentielle, car elle détermine aussi la qualité de l'interprétation de l'opérateur humain », insiste Fréderic Blanchet, responsable de l'unité réseaux. Ce critère, ainsi qu'un large spectre de fréquences, est en particulier privilégié pour les appareils itinérants alors qu'une très grande sensibilité sera préférée pour les postes fixes. Il est aujourd'hui question de lancer une expertise semblable pour les corrélateurs, une nécessité du fait de l'offre sans cesse renouvelée de matériels. Elle s'oriente vers la simplification d'usage et la recherche de précision, par des microphones plus puissants ( Sewerin) ou par une filtration poussée des bruits parasites. Le dernier corrélateur de Neotek revendique cette qualité en utilisant quatre capteurs acoustiques et un nouveau filtre améliorant la qualité du signal. Idem pour le SoundSens « i » dernier-né des corrélateurs d'Hydreka, qui s'appuie sur des multicapteurs synchronisés (jusqu'à 6) et sur un algorithme puissant pour exclure les bruits transitoires. La technique progresse donc à grands pas, se démocratise, voire se vulgarise. Mais ce progrès ne sera réel que s'il s'accompagne de validations, de méthodes et de compétences humaines. C'est sans doute là le véritable enjeu.


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
Equans renforce sa stratégie dans l’hydrogène et les e-carburants
Equans renforce sa stratégie dans l’hydrogène et les e-carburants
Avis d'expert | La transition démographique, angle mort de l'ESG ? 
Avis d'expert | La transition démographique, angle mort de l'ESG ? 
Sapeurs-pompiers volontaires : le MEDEF s'engage auprès de ses 240 000 entreprises
Sapeurs-pompiers volontaires : le MEDEF s'engage auprès de ses 240 000 entreprises
Tribune | Industrie : la décarbonation ne manque pas d’argent, elle manque d’architecture
Tribune | Industrie : la décarbonation ne manque pas d’argent, elle manque d’architecture
TOUS LES ARTICLES
Les plus lus