Médecin généraliste à Lyon et président de la toute nouvelle Coordination nationale médicale santé environnement (CNMSE), le Dr Albert Fhima n'a pas créé de comité de lutte contre l'implantation d'un incinérateur, ni contre une intoxication par le plomb. Son engagement pour la santé et l'environnement n'en est pas moins fort et ancien.
« C'est juste une évidence, argue-t-il. En tant que médecin, je suis forcément concerné par la santé, et pas seulement les soins, de mes patients. Nous sommes obligés de nous préoccuper des menaces environnementales. C'est du civisme. »
Du civisme, comme lorsque le jeune médecin créa, en 1982, un an après son installation, une association de professionnels libéraux, sur les pentes de la Croix-Rousse, quartier historique, mais fragilisé, du centre de Lyon. « Il fallait se préoccuper à la fois de la santé et du social, sans négliger l'environnement. Nous avons notamment eu des cas de saturnisme. » À partir des années 1980, le médecin a aussi animé l'antenne départementale de l'association Généralistes et toxicomanies (GT 69), expérimenté des modes de prise en charge innovants, en réseau, avant de prendre la tête de la Fédération régionale des réseaux de santé, puis de s'investir dans le Sera, l'association Santé environnement de Rhône-Alpes. Avec la coordination, aujourd'hui, il entend fédérer une multitude d'initiatives locales, du collectif des médecins de Clermont-Ferrand, opposés à l'implantation d'un incinérateur, à l'Association des médecins indépendants pour l'environnement et la santé publique, dans l'Hérault. « Nous voulons être entendus au plan national, confie le président. Et alerter, informer, prévenir, en professionnel de santé. » Il ajoute : « Aujourd'hui, on ne peut plus, pour des questions financières, mettre de côté les problèmes de pesticides, de PCB ou d'incinérateurs... Il faut se poser les questions de fond. Et il faut des mesures rapides sur l'air, l'eau, le gaz