Les rivières et les fleuves, dans leur état naturel, présentent des variations conséquentes de niveau d'eau et de débit en fonction des saisons et des dénivelés. Pour permettre la navigation, il existe de très nombreux barrages de régulation de quelques mètres de hauteur, qui maintiennent les niveaux nécessaires pour circuler et qui doivent s'effacer en cas de crues pour éviter les inondations. Ces barrages, au-dessus desquels l'eau courante se déverse, voient donc l'intégralité du débit de la rivière ou du fleuve chuter de 3 à
6 mètres. L'idée de BP Études consiste à exploiter cette hauteur pour générer de l'électricité. Vincent Dupuis, le gérant de l'entreprise, a eu l'idée d'exploiter l'extrême compacité des turbines immer-sibles du finlandais Wpoy (30 à 40 cm de diamètre) en les intégrant dans les clapets du barrage (la partie appelée à s'ouvrir en cas de crue). Le débit qui surverse habituellement passe alors (après dégrillage) dans cette cavité et est turbiné avant son rejet en contrebas. Ainsi, un clapet de 12 mètres de largeur et de 4 mètres de hauteur développe une puissance électrique de 120 kW avec six turbines, soit 1 MWh par an sans impact hydraulique. L'enjeu énergétique n'est donc pas négligeable, d'autant plus qu'en France, des dizaines d'ouvrages de ce type nécessitent une rénovation. Il s'agit, en particulier, des anciens barrages à aiguilles, voués à disparaître au profit des barrages à clapets. Chaque rénovation offre donc l'occasion d'adopter cette technique, récompensée à l'automne d'un trophée ENR21, celle-ci ne pouvant pas, pour des impératifs de génie civil, être implantée par simple changement de clapets. Dans la même logique, BP Études envisage également de décliner ce principe en sortie de très grosses stations d'épuration.