La recherche sur les biocarburants affiche un dynamisme spectaculaire. Pour preuve, l'annonce toute récente de l'Institut français du pétrole qui vient d'installer un pilote de torréfaction de la biomasse sur son site lyonnais. Et l'étude que finalise Tecknowmetrix, une entreprise spécialisée dans les études technologiques stratégiques, confirme cette tendance. En quelques années, le nombre de brevets et de publications scientifiques a connu une croissance exponentielle. En 2001, on comptait une vingtaine de brevets publiés par an dans le secteur des technologies de transformation des matières végétales en biocarburants. C'est trois fois plus aujourd'hui. Et le nombre de publications annuelles a été multiplié dans le même temps par dix. « On note depuis 2004 une forte présence de la Chine qui devient le deuxième pays, après les États-Unis, le plus actif en propriété industrielle dans ce domaine », souligne Christian Lecante, directeur général de Tecknowmetrix, l'Europe et la France en particulier restant à la traîne (hormis le Danemark et la Suède). Une avance qui transparaît dans le montant des aides publiques (un milliard de dollars aux États-Unis en un an) et dans l'état d'avancement des projets (phase pré-industrielle aux États-Unis, pilotes en Europe). Techniquement, l'innovation est dominée par l'éthanol cellulosique, en particulier sur l'hydrolyse enzymatique. Tecknowmetrix observe en la matière un rapprochement des groupes industriels et du génie enzymatique de la pharmacie, sans doute lié au besoin d'optimiser les rendements et d'exploiter des biomasses très diverses. Dans cette même logique, il faut s'attendre à voir émerger de nouveaux acteurs du génie végétal. Certaines filières commencent juste à pointer leur nez comme celle des algues et de la gazéification qui ne totalisent chacune que 8 à 9 % des brevets.