Combattre le mal par le mal, telle est l'idée du Géocorail. Le principe consiste à restaurer la roche d'une portion de littoral fragile en fabriquant un conglomérat à partir des sédiments marins ou des minéraux présents sur le site, par électrolyse de l'eau de mer. Le liant est apporté par le dépôt des ions sous la forme de carbonate de calcium et de magnésie. Le dispositif utilise un générateur de courant continu relié à une anode et à une structure métallique. « On installe un grillage sur toute la longueur de la plage et sur une largeur de 10 à 20 m, explique Marc Brucy, de Soletanche-Bachy, l'entreprise associée au projet. L'anode est plantée sous le grillage, lui-même relié à un générateur. » Le courant électrique à très basse tension qui circule est sans danger, ni pour la faune et la flore, ni pour l'homme, selon les concepteurs. « La consommation électrique dépend de la surface, précise Pierre-Joseph Scharr, l'un des inventeurs à l'origine du brevet. Pour une longueur de 100 m sur 5 m de large, on compte 3 500 kWh pour les neuf premiers mois de fonctionnement. Ensuite, 200 W suffiront, fournis par deux panneaux solaires de 0,5 m2 chacun, installés aux extrémités de la plage. » Pour le sable, les premiers résultats expérimentaux positifs datent des années 1990 (Sauzon) et de 2002 (île de Ré). Depuis 2005, le procédé est testé sur une falaise hors d'eau, à La Rochelle. L'eau est amenée par une pompe. Des carottages seront effectués prochainement pour valider les résultats. Ce projet est porté par Géopole, une association rochelaise spécialisée dans la préservation des côtes, avec le bureau d'études Océanide et le concours de l'université de La Rochelle.