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L'eau électrolysée a la cote

LA RÉDACTION, LE 1er JUIN 2008
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On connaît les réactions d'électrolyse de l'eau depuis plus de deux cents ans, pour produire de l'oxygène et de l'hydrogène ou de l'eau de Javel. Mais l'utilisation directe d'eau activée par électrolyse est plus récente. L'idée est de générer au sein du liquide des espèces réactives capables de détruire virus et bactéries, et d'oxyder certaines molécules polluantes, permettant ainsi le nettoyage ou la désinfection sans produit chimique. Ce principe est déjà employé à petite échelle dans le secteur hospitalier ou l'agroalimentaire. Mais cette option intéresse de nombreux autres domaines. Sanyo promeut ainsi son « Virus Washer », un système de purification de l'air qui utilise de l'eau électrolysée brumisée pour assainir l'air. Ce procédé met en oeuvre des ions hydroxyles (OH) et des molécules d'eau de Javel (grâce au chlore résiduel dans l'eau). Tennant, spécialiste du nettoyage industriel, en a présenté une autre application, récente et originale. Sa nouvelle gamme de laveuses autotractées est équipée du procédé Ech2o qui nettoie les sols sans aucun détergent. « Nous nous appuyons sur la charge négative des ions produits dans l'eau pour attirer les salissures chargées positivement et les décrocher du sol avant de les entraîner dans les brosses de l'autolaveuse », explique un responsable commercial. Dans le cas d'Ech2o, l'activation de l'eau s'effectue en deux étapes : un premier passage de l'eau à travers une grille électrifiée à faible tension pour produire des microbulles d'oxygène, puis un passage dans la cellule d'électrolyse proprement dite. Les nouvelles machines s'affranchissent ainsi de l'usage de tensioactifs et ne consomment pas plus d'eau que les systèmes de dernière génération à base de mousse. « Il semblerait même qu'on récupère mieux les matières en suspension avec l'eau activée qu'avec la mousse, augmentant ainsi l'assainissement des sols », précise-t-on chez Tennant. Efficace contre les légionelles Mais l'eau électrolysée intéresse surtout les industriels qui souhaitent réduire l'usage des produits chimiques de désinfection dans le cadre de Reach. Cette demande existe pour les tours aéroréfrigérantes, mais on note aussi un intérêt soutenu de la part des exploitants de piscines, qui y voient le moyen de réduire les émissions dans l'air de sous-produits halogénés irritants liés à l'usage du chlore. Arrive ainsi sur le marché français la société américaine Miox, dont la technologie d'électrolyse de l'eau est issue de travaux menés pour l'armée. Deux modèles tournent avec de l'eau additionnée de sel : l'un pour produire de l'eau javellisée, l'autre un mélange d'oxydants. La société Dupuy SAS, qui vient d'obtenir la certification CE, met en avant la capacité du procédé Miox à produire de fortes concentrations (plus de 500 kg/j de chlore sec pour l'eau de Javel), grâce à des électrodes spéciales et une parfaite maîtrise de la mise en oeuvre. Idem quand il s'agit de produire des oxydants multiples. « Nous maîtrisons les réactions pour en déduire l'efficacité », résume José Clabaux. C'est aussi sur le créneau de la génération d'oxydants multiples que se positionne Apsytec, avec sa cellule électrolytique DiaCell développée par Adamant Technologies. Les électrodes recouvertes par du diamant dopé au bore supportent des tensions élevées afin de produire un large spectre de désinfectants complémentaires. Autre particularité, cette cellule accepte l'eau courante sans ajout de sels. Le modèle Sysnéo pour piscines se place ainsi en simple dérivation du système de recirculation de l'eau. Le modèle Soxitis pour tours aéroréfrigérantes requiert, quand à lui, une alimentation spéciale pour traiter la bâche d'eau chaude adoucie du système.


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