Avec Innobat, les fenêtres pourraient être fabriquées avec du lin. Michel Maugenet, dirigeant de la jeune société, a, en effet, conçu un composite à base de fibres de lin, de résine partiellement d'origine végétale, qu'il propose d'utiliser pour la fabrication d'huisseries. Le procédé a remporté un prix de l'innovation lors du Salon des composites, le JEC, qui se tenait à Paris du 29 au 31 mars dernier. Il a été développé avec Safilin, qui fournit les fibres de lin, Amroy, société suédoise qui commercialise depuis un an la résine à base d'huile de pin, et l'italien Top Glass, sous-traitant spécialisé dans les techniques composites. Ce matériau, baptisé BioPox-F65, combine le caractère isolant du PVC à la rigidité de l'aluminium. Composé à 65 % de lin, il affiche une conductivité thermique de 0,28 W/m.K (donc meilleur que le PVC avec 0,17 W/m.K). « Nous avons réalisé une analyse de cycle de vie, qui montre que notre profilé présente un meilleur bilan que le pin, le chêne, le PVC et l'aluminium », souligne Michel Maugenet. Le hic, c'est que ce matériau doit être mis en oeuvre par pultrusion. Or, les fabricants de fenêtres sont spécialisés en extrusion. « Plutôt que d'investir dans de nouveaux équipements, ils peuvent faire appel à des sous-traitants spécialisés », assure le dirigeant d'Innobat. Quelques développements doivent encore aboutir avant de lancer le produit sur le marché. En effet, le lin est sensible à l'humidité, il faut donc trouver un revêtement qui garantisse la stabilité du produit dans le temps. Michel Maugenet cherche d'ailleurs des partenaires pour finaliser le développement de son produit.