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Ingénieur construction bois, une place à part

LA RÉDACTION, LE 1er JUILLET 2011
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« Les divisions qui se sont créées entre l'architecte, l'ingénieur et les professionnels de la construction sont un accident de l'histoire .» Ingénieur bois indépendant, Jacques Anglade annonce la couleur : son activité demande certes une maîtrise des logiciels de dessin et une capacité à réaliser des calculs de résistance, mais il nécessite surtout de faire preuve de curiosité pour l'ensemble des corps de métier du bâtiment. « Quelqu'un qui sort d'une école d'ingénieurs et qui n'a jamais touché au bois, c'est aussi dramatique qu'un charpentier qui n'aime pas l'architecture », compare-t-il. Il faut dire qu'avec son parcours atypique, Jacques Anglade a plusieurs cordes à son arc. Après une formation d'ingénieur hydraulique, il passe un CAP de charpenterie. « Je voulais apprendre un vrai métier, où l'on façonne la matière », insiste-t-il. Plus tard, il suit une formation en architecture... Et l'homme n'est pas une exception. Ingénieur chez Charpente concept, Antoine Roux a suivi un cursus plus classique à l'École nationale supérieure des technologies et industries du bois ( Enstib), puis au Centre des hautes études de la construction. Issu d'une famille de charpentiers, lui aussi insiste sur la nécessité d'être amoureux du matériau pour se lancer dans un tel métier. « Le lobby du béton est puissant. On passe beaucoup de temps à faire la promotion environnementale du bois dans des conférences et à défendre ses qualités de construction auprès des bureaux de contrôle », explique-t-il. L'ingénieur bois a une place à part vis-à-vis des architectes. « Nombreux sont ceux qui ne maîtrisent pas le matériau, en particulier dans les jeunes générations, regrette Jacques Anglade. Parfois, on nous donne une belle image 3D, et c'est à nous de mettre de l'os dans un objet invertébré. C'est gratifiant, mais l'idéal serait une vraie collaboration. » Et Antoine Roux d'acquiescer : « Il est préférable de savoir où l'on va, note-t-il. Notre vrai rôle, c'est de dimensionner le système structurel, d'estimer son prix avant l'appel d'offres, de réaliser les plans d'exécution après... ». L'ingénieur bois se doit enfin de s'imposer face au nouvel homme fort des chantiers : le thermicien. « On est passé d'un extrême à l'autre, poursuit Jacques Anglade. Il y a vingt ans, on s'en moquait un peu. Aujourd'hui, la réglementation et les obligations de résultats offrent une large place aux bureaux d'études thermiques. Et, ce, dès la conception. L'architecture se pose la question de l'étanchéité à l'air avant de se poser celle de la stabilité du bâtiment ! »


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