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[Tribune] L’inondation, un risque à ne pas écarter pour les entreprises

[Tribune] L’inondation, un risque à ne pas écarter pour les entreprises
Yvan Jouin, ingénieur spécialiste du risque inondation chez FM Global.
Par Yvan Jouin, le 27 janvier 2021.
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L’inondation est le type de catastrophe naturelle qui coûte le plus cher chaque année dans le monde. En effet, les pertes financières associées s’élèvent à un total compris entre 2 et 3 milliards de dollars et, lors des années les plus catastrophiques, le bilan de ces pertes exceptionnelles a pu dépasser les 20 milliards de dollars. Si l’occurrence des inondations n’est pas maîtrisable, il est en revanche tout à fait possible et recommandé d’agir pour en limiter les dégâts dans son entreprise.
 
Des impacts financiers considérables et de longue durée

Une récente étude s’est penchée sur le bilan de 10 grandes catastrophes naturelles qui ont entraîné des inondations significatives dans le monde ces 5 dernières années, dont les tempêtes Elvira et David, à l’origine d’importants sinistres en France et en Belgique en 2016 et 2018. Les analystes ont observé les finances de 71 entreprises siégeant aux Etats-Unis et cotées en bourse, qui ont subi des inondations lors de ces épisodes météorologiques.
 
Les résultats mettent en lumière une baisse moyenne de 5% du cours de leurs actions un an après l’inondation, soit une perte cumulée de 82 milliards de dollars. Il fut un temps où seuls les assureurs et les entreprises financières étaient sanctionnés en bourse après des aléas naturels ; désormais, les investisseurs anticipent aussi les pertes de trésorerie pour les entreprises victimes d’inondations. Ils considèrent donc que les pertes financières et les ruptures d’activités en cas d’inondation ne sont plus seulement le résultat d’une simple malchance, mais qu’ils traduisent aussi une mauvaise anticipation par l’entreprise.
 
Un risque variable selon les localités, mais jamais inexistant

La localisation en zone inondable est le critère le plus évident : environ 80% des dommages étant constatés dans ces endroits, le risque y est très accru. On estime actuellement que 10% des bâtiments industriels se situent dans de telles zones. Les sites en zone centennale ont 1 chance sur 100 d’être inondés tous les ans soit 1 chance sur 3 de subir une centennale sur 40 ans.
 
Attention cependant à ne pas considérer un bâtiment protégé de tout risque au seul motif qu’il ne se situe pas en zone inondable, cela peut être trompeur. Il convient de faire examiner par des experts les données locales sur la topologie, la quantité de pluie et les débordements enregistrés récemment. En effet, la cartographie disponible peut dater et des modifications du paysage et de l’urbanisme avoir entre-temps altéré le contour des zones à risque. Au sein de chaque site, la disposition des lieux et/ou une surcharge du système de gestion des eaux pluviales peuvent d’ailleurs créer des dégâts très localisés.
 
Une stratégie en trois étapes s’impose

Le premier pas vers une bonne gestion des risques consiste à faire diagnostiquer la situation actuelle de son entreprise. Il est essentiel de se poser les questions suivantes : quelles seront les zones de l’entreprise impactées lors de l’évènement ? De combien de temps disposerait-on pour réagir ? Jusqu’où l’eau pourrait-elle pénétrer dans les bâtiments ? Quel serait l’impact d’une crue « éclair » sur le bâtiment ? Combien de temps le niveau d’eau mettrait-il à redescendre ? Toutes ces questions permettent d’établir avec un expert une estimation des dommages et de la rupture d’activités subis, afin de passer à l’adoption de mesures concrètes.
 
Bien sûr, le premier réflexe est de privilégier un site qui ne se situe pas en zone inondable, et avec un système approprié de drainage des eaux de pluie. Pour les sites existants, il s’agit de réduire au strict minimum les destructions : faire en sorte que l’eau ne pénètre pas dans les bâtiments les plus importants, et limiter les pertes matérielles en enlevant les installations et objets les plus critiques des zones basses (sous-sol, rez-de-chaussée etc.). Une révision des systèmes de drainage permet de mieux gérer les phénomènes de pluies torrentielles. Les systèmes électriques, les ordinateurs et les équipements télécom sont à protéger en priorité, ainsi que les plus importants documents administratifs et stratégiques.
 
Après avoir adopté le plus de mesures de prévention possible, il demeure nécessaire d’établir un plan d’urgence face à l’inondation, qui indique l’intégralité des démarches à suivre le cas échéant, les personnes responsables de chaque action et le timing dans lequel elles doivent être réalisées à partir de l’alerte inondation.
 
Si ces mesures peuvent sembler contraignantes, elles donnent pourtant des résultats avérés. Citons l’exemple d’une usine qui avait subi deux inondations quasiment identiques (débordement de rivière) à un an d’intervalle. La deuxième fois, elle avait significativement rehaussé son stockage de produits, tous les employés avaient emporté leurs ordinateurs chez eux pour assurer les transactions les plus essentielles, et l’entreprise avait mis en place une procédure d’urgence inondation avec son assureur, ce qui a réduit de plus de moitié les pertes occasionnées. 
 
Les entreprises ont donc un rôle proactif à jouer pour optimiser leur résilience au moyen d’actions concrètes. Les plans doivent aussi être testés pour vérifier leur efficacité. En bref, la résilience face à une catastrophe naturelle, comme les inondations, se prépare et s’organise, afin de minimiser son impact et préserver le mieux possible son activité. 
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