Implanté depuis 1998 sur une parcelle de 6 hectares dans les Yvelines, le dispositif d’expérimentation QualiAgro constitue une référence scientifique nationale et internationale. Depuis près de trois décennies, il compare l’impact à long terme de différents composts d’origine urbaine, du fumier bovin et de parcelles témoins sur la santé des sols et la qualité des récoltes.
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Les données cumulées sur près de 30 ans par les équipes de Veolia et de l’INRAE établissent des conclusions claires quant à la valeur de la matière organique recyclée pour l’agriculture. Les observations montrent une nette amélioration de la santé des sols par l’enrichissement en matière organique et le développement de la vie biologique. Sur les cultures de maïs, de blé ou de seigle, les rendements obtenus avec des composts urbains sont équivalents, voire supérieurs, à ceux des parcelles traitées au fumier bovin ou sans apport organique. Sur le plan environnemental, la restitution de compost contribue directement au stockage du carbone dans les sols,enregistrant des augmentations de stock allant jusqu’à plus de 70 %. De plus, les apports réguliers améliorent la capacité de rétention d’eau des terres, ce qui aide les cultures à mieux résister aux épisodes de sécheresse. Ces enseignements alimentent continuellement les décisions du monde agricole et aident les autorités à fixer les seuils réglementaires de la filière.
PFAS et microplastiques : le protocole sanitaire renforcé jusqu’en 2029
Alors que leur partenariat scientifique est renouvelé jusqu’en 2030, pour une période culturale s’étendant jusqu’en 2028 et 2029, Veolia et INRAE adaptent leur protocole pour faire face aux menaces émergentes. L’accent scientifique est désormais mis sur le comportement des polluants complexes, en premier lieu les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) et les microplastiques. L’objectif consiste à tracer leur devenir au travers de l’ensemble de l’écosystème agricole, des différentes filières de compostage jusqu’aux sols, aux plantes et aux eaux. Anne Varet, directrice scientifique Environnement et Forêt d’INRAE, souligne que la richesse de QualiAgro repose sur la durée exceptionnelle de son suivi. Cette longévité permet de documenter les bénéfices agronomiques des composts tout en abordant de nouveaux enjeux dans une approche scientifique globale. De son côté, Paul-Antoine Sebbe, directeur des activités Agriculture chez Veolia en France, rappelle qu’une teneur suffisante en matière organique constitue une assurance pour préserver la fertilité des sols. Il précise également que cette collaboration continue sur une excellente dynamique et que ses résultats pourraient inspirer un dispositif similaire au Chili. En garantissant la sécurité sanitaire du retour au sol des matières recyclées, cette collaboration entend consolider la durabilité des pratiques agricoles face aux défis climatiques.