Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
ENERGIE

La fièvre des renouvelables

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2009
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
1 PASSER AUX RENOUVELABLES La chaleur a enfin son appel à projets national. L'Ademe va gérer un fonds d'un milliard d'euros sur trois ans pour aider les chaufferies privilégiant les renouvelables. Le 17 novembre, Jean-Louis Borloo profitait de la Semaine « Énergie, changeons d'ère » pour présenter « 50 mesures pour un développement des énergies renouvelables ». Dans ce plan, on retrouve un vieil ami : le fonds chaleur renouvelable. Longtemps annoncé mais jamais détaillé, ce fonds prend enfin corps, au sein de la mesure n° 10. Objectif : « Soutenir la production de 5,5 Mtep supplémentaires d'ici à 2020 [afin de passer de 2 Mtep en 2006 à 7,5 Mtep, NDLR], soit plus du quart de l'objectif fixé par le Grenelle en matière d'énergies renouvelables ». L'État a mis les moyens : un milliard d'euros d'autorisations d'engagements sur trois ans au sens de la loi de finances 2009-2011, 330 millions de crédits de paiements assurés pour cette année, avec l'objectif « d'atteindre à moyen terme une dotation annuelle d'environ 800 Me ». Satisfaction à l'association de collectivités locales Amorce, qui le réclamait depuis dix ans. Satisfaction aussi du côté des professionnels, chez Thenergie par exemple, qui dénonce toutefois le « hold-up des majors » amalgamant systématiquement énergie et électricité. « Nous voulons un soutien à l'ensemble des filières renouvelables et un mix énergétique qui ne soit pas lié à 100 % à la production ou la consommation d'électricité, même verte », défend Clément Mabire, directeur général de ce fournisseur de chaleur solaire et issue de la biomasse. Cette mesure importante se télescope avec une autre mesure du plan ENR, l'appel d'offres dit Biomasse 3. Même s'il porte avant tout sur des centrales électriques (250 MW au total), la chaleur n'est pas oubliée, avec, depuis le 5 décembre, un premier appel à projets national pour des chaufferies, industrielles ou agricoles, produisant environ 100 000 tep au total à partir de biomasse, laquelle est divisée en six catégories (dont le bois de rebut type palettes ou huisseries usagées). « Les installations retenues devront être mises en service au plus tard le 1er janvier 2012. Cet appel à projets sera reconduit chaque année pendant au moins trois ans », précise l'Ademe. Le ministère de l'Écologie réfléchit en parallèle à l'introduction d'une obligation d'incorporation de biomasse et d'autres combustibles d'origine renouvelable dans les grandes installations de combustion. Enfin, côté particuliers, les chaudières individuelles au bois restent encouragées, mais avec un crédit d'impôt réduit sur le prix du matériel : 40 %, en attendant 25 % en 2010. Comment fonctionnera ce fonds chaleur ? Jean-Louis Bal, grand argentier de ce dossier à l'Ademe, distingue deux niveaux d'aides : une aide à l'investissement (plafonnée) à hauteur de 60 % « au mètre linéaire de tuyau » pour les chaudières raccordées à un réseau (lire article suivant) fonctionnant avec au moins 50 % d'énergies renouvelables, et une aide à la production pendant cinq ans, sous forme de bonification au mégawattheure renouvelable produit, pour de nouvelles centrales produisant plus de 1 000 tep par an en habitat collectif, tertiaire et industrie. « L'aide sera calibrée de sorte que la chaleur renouvelable puisse être vendue à un prix inférieur d'au moins 5 % à celui de la chaleur produite à partir d'énergie fossile », en l'occurrence le gaz, détaille le plan ENR. « Au début, les dossiers seront examinés et les fonds distribués par nos délégations régionales. Ensuite, tout cela est voué à intégrer les contrats de plan Etat-Régions », détaille Jean-Louis Bal, qui, au Salon des maires fin novembre, se disait opérationnel « pour le 20 janvier ». Combustibles éligibles : bois et biomasse, bien sûr, mais aussi pompes à chaleur (avec coefficient de performance supérieur ou égal à 4), géothermie, solaire thermique, biogaz et incinération de déchets sur four existant. Ainsi une collectivité comme le syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères du Centre-Ouest seine-et-marnais, qui envisage de raccorder son incinérateur au réseau de chaleur de Melun en plus de sa production d'électricité, est parfaitement éligible au fonds. Le plan ENR le dit bien : le fonds chaleur renouvelable « sera également un outil structurant pour le développement de la filière biomasse et la structuration des approvisionnements ». La France a en effet la réputation de mal organiser sa filière, bois en particulier, malgré les efforts de l'interprofession ces dernières années. « Sur la sciure de première transformation, par exemple, dont on fait des granulés, la connaissance du gisement est très approximative », relève Thomas Perrissin, qui représente en France les chaudières autrichiennes Ökofen (lire ci-dessus). Ce combustible désormais normé connaît pourtant un engouement spectaculaire, du moins en termes d'offre. Entre Wood Pellets (qui construit une usine de 150 000 t/an dans l'Allier) ou Euro-Energies (fruit d'une alliance du spécialiste de la granulation pour l'alimentation animale Glon et du fabricant de conduits de cheminées Poujoulat), les annonces se succèdent. Dernière en date : la société EO2, qui inaugure « la plus grande usine de granulation en France » avec une production prévisionnelle de 80 000 t/an à Saint-Germain-près-Herment, près de Clermont-Ferrand. EO2 annonce un deuxième site de production cette année à Pontenx-les-Forges, dans les Landes.


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
Nucléaire : Stellaria engage la phase réglementaire de son réacteur à sels fondus
Nucléaire : Stellaria engage la phase réglementaire de son réacteur à sels fondus
De la géothermie à Saint-Denis
De la géothermie à Saint-Denis
Tribune | Stabiliser la filière solaire au-delà des secousses réglementaires
Tribune | Stabiliser la filière solaire au-delà des secousses réglementaires
L’UFE presse Bruxelles d’agir pour doubler l’électrification d’ici 2050
L’UFE presse Bruxelles d’agir pour doubler l’électrification d’ici 2050
TOUS LES ARTICLES ENERGIE
Les plus lus