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ENERGIE

Déchets : les nouveaux débouchés énergétiques

LA RÉDACTION, LE 6 JUIN 2016
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D’un côté, des incinérateurs qui n’ont pas su évoluer et qui se bornent à brûler des déchets. De l’autre, des unités de valorisation énergétique (UVE) taillées pour la transition… L’opposition a fait long feu : alors qu'en 2000, seules 44 % des installations produisaient de la chaleur et/ou de l’électricité, en 2008, le taux était de 83 %. Aujourd’hui, la quasi-totalité des déchets incinérés font l’objet d’une valorisation énergétique, soit parce que les incinérateurs se sont équipés en conséquence, soit parce que, trop petits, ils ont fermé leurs portes. Le travail est pourtant loin d’être terminé et il est même grand temps de passer à l’étape suivante, celle de l’efficacité énergétique… Une évolution d’ailleurs largement encouragée par les aides financières de l’Ademe et par une fiscalité qui évolue désormais selon les performances. Économiquement, les UVE ont de toute façon intérêt à donner une valeur économique aux thermies qu’elles génèrent.Pour cela, point besoin de révolution. « Je viens du monde du pétrole où l’on a appris à standardiser les équipements. Il y a encore quelques années, le travail n’avait pas été fait dans le monde de l’incinération », estime Yan Charbonnel, directeur des opérations chez Idex. Conséquences : davantage de casse, des déperditions, des performances dégradées… À Dinan, l’entreprise s’est par exemple efforcée d’améliorer les revêtements des matériaux sur lesquels les déchets sont convoyés et de renforcer ses chaudières pour limiter les fuites. Par ailleurs, les exploitants ne ferment pas les yeux sur la tendance à l’instrumentation et à l’analyse des données en temps réel. Dans un four d’incinération, les performances peuvent être fortement augmentées en contrôlant la combustion et en optimisant les apports d’air.L’autre grand enjeu est de trouver de nouveaux débouchés à la chaleur produite. Toutes les UVE n’ont pas la chance d’être installées à proximité d’industriels, des partenaires privilégiés du fait de la régularité de leur consommation. Et si les raccordements des UVE aux réseaux de chauffage urbains se poursuivent, « comment valoriser cette chaleur l’été ? », demande Alain Rospars directeur environnement du groupe Séché… Surtout quand on produit de l’eau surchauffée et non de la vapeur qui seule peut être turbinée pour produire de l’électricité. À Nantes, Séché mise sur l’option thermodynamique avec un cycle organique de Rankine (ORC). Ces équipements transfèrent la chaleur à un fluide capable de se détendre à une température plus faible… Et donc de produire des électrons. Cette technologie a le vent en poupe dans le monde de l’incinération (voir p. ? ((article Syvedac))). « L’ORC est intéressant jusqu’à 30 000 tonnes de déchets », estime Yan Charbonnel. « On peut s’appuyer sur ce type d’équipements pour mettre à niveau de petites usines… A condition bien sûr qu’elles répondent toujours à une logique de territoire ».La modernisation des UVE passe aussi par une remise en cause plus fondamentale du modèle suivi jusque-là. Sans condamner un mode de traitement qui n’a pas à rougir quand on le compare à l’enfouissement, la combustion de déchets en mélange qui pourraient chacun être valorisés isolément incarne-t-elle vraiment l’avenir ? Les nouveaux projets en France sont quasi-inexistants et le tri de plus en plus fin des ordures ménagères incite au contraire bon nombre de collectivités à chercher des alternatives, comme la méthanisation pour les déchets organiques et les combustibles solides de récupération (CSR) pour les matières sèches et non dangereuses à haut pouvoir calorifique inférieur (PCI).« Depuis cinq ans, la capacité de production de CSR augmente chaque année de 100 000 tonnes.Le gisement actuel atteint 850 000 tonnes », se félicite Jean-Pierre Luthringer, président de Valordec, la branche du syndicat professionnel Federec en charge des sujets émergents. Si les cimentiers sont aujourd’hui les seuls à utiliser ce combustible, leur besoin, évalué à 1 million de tonnes, devrait rapidement être satisfait. Surtout, encouragées par un appel à projet ministériel, les collectivités sont nombreuses à étudier la possibilité de s’équiper de chaudières de CSR.Une manière de conjuguer la logique de valorisation locale des déchets produits des UVE et l’optimisation énergétique puisque les CSR ont un PCI et une homogénéité qui correspondent à d’autres combustibles.Pour se développer, les CSR doivent cependant être standardisés. La filière a travaillé à une nomenclature permettant de les ranger en quatre catégories, avec des critères physiques et chimiques objectifs qui vont du pouvoir calorifique à la concentration d’halogénés, du taux de cendre à la granulométrie. Le nouveau classement ICPE qui devrait être taillé pour les futures installations propose en outre un numéro symbolique : 2971. « On quitte la logique d’incinération et on entre dans la catégorie des chaudières », décrypte Jean-Pierre Luthringer. Techniquement, la filière entend suivre la même voie en développant des outils qui se rapprochent plus des chaufferies que des UVE traditionnelles. Le traitement des fumées est en particulier beaucoup plus sommaire. Et des alternatives aux fours comme la pyrogazéification sont aussi à l’étude.Olivier DescampsRetrouvez l'ensemble de notre dossier Valorisation énergétique des déchets en cliquant ici.


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