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[Tribune] Transition énergétique : pourquoi se passer du biométhane serait une erreur

[Tribune] Transition énergétique : pourquoi se passer du biométhane serait une erreur
Julien Tchernia, co-fondateur et CEO d'ekWateur. Crédits : ekWateur
Par Julien Tchernia, le 23 août 2021.
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A partir de l’été 2021, le chauffage au gaz sera proscrit de l’ensemble des projets de construction de maison. Une mesure de la Réglementation Energétique 2020 qui inclue le biométhane et qui vient s’ajouter à d’autres dispositions particulièrement défavorables à cette énergie innovante et renouvelable. Julien Tchernia, co-fondateur et CEO d’ekWateur, revient sur l’importance de cette énergie dans la transition énergétique. 

Depuis le 1er janvier 2021, les consommateurs de biométhane ne sont ainsi plus exonérés de la Taxe Intérieure sur la Consommation de Gaz Naturel (TICGN). Ces choix sont emblématiques de la stratégie adoptée par le gouvernement : favoriser le chauffage électrique afin de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et la facture énergétique des Français. Pourtant l’exclusion du biométhane du mix énergétique pourrait en réalité avoir des effets contre-productifs sur ces deux paramètres.
 
Un atout pour réduire l’impact écologique des pics de consommation

Le chauffage électrique français repose sur un parc nucléaire dont le facteur d’émissions de gaz à effet de serre est notoirement bas : 6 grammes de CO2 seulement par kWh. Intuitivement, il est donc écologiquement rationnel de privilégier cette source d’électricité au détriment d’une filière biométhane dont le facteur d’émissions est d’environ 44,1 grammes de CO2 par kWh. Mais ce serait sans compter avec les pics de consommation régulièrement atteints lorsque les températures baissent.

La consommation française d’électricité est en effet particulièrement sensible à la température : à l’échelle européenne, la moitié des pics de consommation électrique observés sont ainsi directement liés au chauffage électrique dans l’hexagone. Or, chacun de ces pics contraint à l’usage de centrales fossiles, plus facilement pilotables que le nucléaire mais également beaucoup plus émettrice de gaz à effet de serre : leur facteur d’émission frôle le kilogramme de CO2 par kWh !

La dépendance française à l’électricité est donc plus nuisible au climat qu’il n’y parait au premier abord. Pourtant, ces pics de consommation électrique pourraient être considérablement diminués grâce à un usage d’appoint du biométhane, une énergie qui présentent de nombreux avantages : facilement pilotable, stockable, renouvelable et produite localement, son impact en termes d’émissions de GES est 20 fois inférieur à celui du charbon.
 
Un prix potentiellement compétitif à court terme

Si le biométhane est négligé, c’est peut-être parce qu’il souffre de sa réputation d’énergie couteuse. Pourtant son LCOE (Levelized Cost Of Energy), c’est-à-dire le coût total lié à sa production et à sa distribution, est en baisse et pourrait se stabiliser entre 65€ et 85€ par MWh d’ici 2030 selon ENEA Consulting.

Le nucléaire quant à lui, ne cesse de voir augmenter son LCOE : pour les centrales les plus récentes, celui-ci varie ainsi entre 95€ et 160€ par MWh ! Sur le long terme, une politique visant à réduire la facture énergétique des foyers français devrait donc en toute logique miser sur un soutien massif à la filière biométhane, du type de celui qui a été apporté à la filière solaire français au cours des dix dernières années.
 
Une culture de l’électricité très française

Si une telle stratégie n’est pas à l’ordre du jour, c’est surement du fait du tropisme électrique qui s’est développé en France depuis 5 décennies. Tandis que le chauffage électrique est très peu répandu dans la plupart des pays européens et même interdit dans certains d’entre eux, le gouvernement français en fait la promotion en collaboration avec EDF depuis les années 1970.

A grands renforts de publicités, de subventions et de règlementation contraignante pour les autres énergies, la France est ainsi devenue le pays le plus équipé d’Europe en matière de radiateurs électriques. Une stratégie qui s’inscrit dans le cadre du développement du parc nucléaire français, considéré alors comme la base de son indépendance énergétique.
 
Une ressource souveraine

Pourtant, le biométhane dispose d’avantages stratégiques de premier plan dont ne dispose plus l’industrie nucléaire :
D’abord, comme expliqué précédemment, cette énergie est moins chère que l’électricité produite par les nouvelles centrales nucléaires.
 
Moins cher que le nucléaire, le biométhane constitue également un meilleur levier pour l’indépendance énergétique du pays : tandis que l’approvisionnement en combustible nucléaire est, depuis l’épuisement des mines française, dépendant de gisements situés en Australie, aux États-Unis, au Canada, en Afrique et en Russie, la France est un pays d’agriculture qui dispose des ressources les plus précieuses pour développer localement une filière basée sur la méthanisation des déchets agricoles.
 
Enfin, c’est une énergie renouvelable : tandis que l’approvisionnement en uranium connaîtra nécessairement une fin, le biométhane ne pourra jamais manquer. Bien sûr l’idée n’est pas de remplacer toute la production d’électricité nucléaire, mais bien de soutenir, en parallèle de celle-ci une nouvelle filière très compétitive pour certains usages comme le chauffage domestique.
 
A l’heure où le changement climatique devient une réalité pour un nombre croissant de personnes dans le monde entier, une remise en question de la culture française de l’électricité devient nécessaire. Le biométhane, cette énergie renouvelable, stockable et dont le réseau de distribution est immédiatement disponible, représente une opportunité inestimable pour la réussite de la transition énergétique française et l’atteinte des objectifs fixés par l’accord de Paris. Elle possède également les atouts nécessaire pour concilier la prise en compte de cet enjeu avec les impératifs de maitrise des prix et d’indépendance énergétique. Ne pas la saisir serait donc une erreur tant d’un point de vue écologique qu’économique et géostratégique.
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