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Tribune | « Sobriété énergétique : la France peut-elle y parvenir ? »

Par Meryll Pasquet, Directrice Énergie et Alexandre Malric, Directeur Énergie, chez CGI Business Consulting.. Publié le 26 septembre 2022.
Tribune | «  Sobriété énergétique : la France peut-elle y parvenir ? »
Meryll Pasquet, Directrice Énergie et Alexandre Malric, Directeur Énergie, chez CGI Business Consulting. Crédit : CGI Business Consulting
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Le réchauffement climatique s’accélère. Il impose d’agir plus vite et plus fort, à tous les niveaux : individuel, étatique, industriel. Les enjeux sont énormes. Mais les objectifs liés à la sobriété énergétique de la France sont-ils atteignables ? s’interrogent Meryll Pasquet, Directrice Énergie chez CGI Business Consulting et Alexandre Malric, Directeur Énergie chez CGI Business Consulting.

En termes de réchauffement climatique, le scénario de +1,1 degré par rapport à 1900 est très concrètement la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui et les conséquences sont déjà dramatiques. On estime à 23 millions le nombre de réfugiés climatiques qui, au sein de leur propre pays, sont en train de migrer pour s’éloigner des côtes car la mer est déjà montée de 25 cm. Les épisodes de sécheresse et de canicule s’enchaînent… avec pour conséquence -30% de rendement sur la production agricole en France.

A +1,5° C, l’Amazonie pourrait devenir une savane. Et à l’horizon 2050, selon le dernier rapport du GIEC, trois milliards de personnes pourraient être impactées par le changement climatique. C’est le tiers de l’humanité. Il est urgent d’agir parce qu’à partir du moment où nous commencerons à baisser nos émissions de gaz à effet de serre, il y aura un temps d’inertie avant que les températures ne commencent à baisser vraiment.

La seule question à se poser est « comment agir concrètement » ?

En France, avec notre historique nucléaire, on pourrait croire que nous bénéficions d’une électricité à bas carbone. Mais notre énergie reste tout de même fortement liée au pétrole et au gaz qui représentent quasiment les deux tiers de notre consommation. Dans le cadre de sa stratégie nationale bas carbone, la France s’est engagée à être neutre en carbone à l’horizon 2050. Et l’initiative européenne « Fit for 55 » votée fin 2020 par le Parlement européen a pour objectif la réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Il n’y a donc plus de temps à perdre pour réussir le double défi d’une production bas carbone et de la sobriété énergétique !

Heureusement, nous avons dans notre pays les moyens d’agir à l’échelle individuelle. L’empreinte carbone moyenne d’un Français est comprise entre neuf et dix tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par an. Il faudrait descendre à deux tonnes. Calculer son empreinte carbone constitue un bon exercice pour se rendre compte des actions à mener au niveau individuel. Mais les actions individuelles ne font pas tout. Les entreprises aussi doivent se transformer, notamment pour réduire leurs émissions et atteindre un meilleur mix énergétique. C’est possible via l’innovation et un accompagnement ad hoc en termes de processus et d’organisation.

Les enjeux de production sont énormes car il n’y a aucune énergie sur laquelle la France est totalement autonome. Le pétrole constitue 40% de notre consommation énergétique et le gaz 20%. Mais nos importations incluent également l’uranium, les panneaux photovoltaïques, les terres rares… Nous sommes dépendants d’autres pays dans le cadre d’une économie globalisée.

Des innovations technologiques existent

Selon le dernier rapport RTE, entre 750 et 1 000 milliards d’euros sont à investir pour cette profonde transformation. Elle doit être menée sur tous les fronts, y compris sur la partie production avec les différents leviers que sont les énergies renouvelables, le nucléaire, le biogaz ou l’hydrogène. Certes, l’électrification des usages peut contribuer à réduire notre empreinte carbone. Mais ce sera difficile : la mobilité lourde ou certaines industries ne peuvent pas être électrifiées…

Enfin, la sobriété, c’est-à-dire les choix individuels ou collectifs de limiter certaines activités ayant une forte intensité carbone (limiter ses déplacements en avion, privilégier les mobilités douces, réduire la vitesse sur autoroute à 110 km/h) et son acceptabilité par les Français est clairement un des enjeux des prochaines années. Le niveau de sobriété a été quantifié dans le dernier rapport RTE à hauteur de 90 térawatts-heure, ce qui représente des efforts conséquents.

Heureusement, il existe des innovations technologiques qui permettent de mieux piloter - et donc de limiter - notre consommation. Mais dès qu’il y a un sentiment de dégradation de la qualité de vie, ces choix sont plus difficilement acceptables par la population qui risque de percevoir ces actions comme coercitives. On est sur un chemin de crête. Et pourtant, l’énergie qui consomme le moins de carbone, c’est celle qu’on ne consomme pas. Mais c’est aussi celle qui demande le plus d’arbitrages : 10 à 15 % de nos compatriotes ont du mal à payer leur facture d’électricité. Il ne faut pas les oublier.
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