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[Tribune] Formation professionnelle : et si on parlait d’efficacité pédagogique pour favoriser l’employabilité ?

[Tribune] Formation professionnelle : et si on parlait d’efficacité pédagogique pour favoriser l’employabilité ?
Anne-Lise Melki, directrice générale de Biotope. Crédits : Biotope
Par Anne-Lise Melki, le 19 août 2021.
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Réformes de 2004, 2009, 2014, Loi travail 2016, réforme de 2018… Chaque gouvernement entend tout changer dans la formation professionnelle avec, en toile de fond, un enjeu majeur : l’employabilité. Anne-Lise Melki, directrice générale de Biotope évoque l’importance de la formation professionnelle et l’enjeu qu’elle représente dans le secteur de l’environnement qui cherche à former et recruter.

« Rendre les actifs acteurs de leur projet professionnel en les rendant plus autonomes », telle est la volonté générale de la Loi dite « Avenir professionnel ». De leur côté, nombre d’organisations ne trouvent pas les profils dont elles ont besoin. Bâtiment, restauration, c’est connu, mais aussi informatique et ingénierie notamment environnementale. On parle de 300 000 emplois non pourvus chaque année[i]. Et, point fondamental, 85% des emplois de 2030 n’existeraient pas encore[ii]
 
Conscient du niveau inégal des organismes de formation, le législateur entend - sur un marché qui pèse 32 milliards d’euros[iii] - renforcer « l’obligation de qualité » via un référentiel qui exigera de « bien identifier les objectifs pédagogiques et d’adapter les formations aux publics bénéficiaires ».
 
« Apprentissage par le faire »
 
La formation professionnelle a pourtant profondément évolué et les études vont toutes dans le même sens : l’apprentissage par le « faire » (ou « learning by doing ») est reconnu comme plus efficace qu’une formation « à l’ancienne » avec un « sachant » qui parle et des « apprenants » qui écoutent. Et nous, nous formons sur le terrain, directement au contact de la réalité professionnelle, sur des métiers de l’environnement que nous avons contribué à inventer durant 30 ans et qui évoluent encore, chaque année.
 
Les directions des ressources humaines recherchent aussi aujourd’hui – qu’il s’agisse de former de nouveaux collaborateurs ou de faire évoluer des collaborateurs déjà présents – des formations courtes, opérationnelles, et donc nécessairement des organismes qui disposent de formateurs en activité. Et nos formateurs sont des professionnels aguerris actifs.
 
Pourquoi ce point, totalement ignoré par la dernière réforme, est-il fondamental ? Parce que la révolution numérique bouleverse tous les métiers, parce que l’enjeu environnemental change également les pratiques et c’est heureux, un formateur se doit de rester actif par ailleurs, tout particulièrement dans les métiers de l’environnement et dans la Tech. Ça semble évident ? Pourtant ce n’est pas un critère de la réforme.
 
En juillet dernier, le Premier ministre rappelait : « dans une économie qui évolue très vite, le développement des compétences est la meilleure des protections pour garder, trouver ou retrouver un emploi. » Nous ne pourrions pas être plus d’accord. La crise sanitaire aura eu de multiples impacts, notamment économiques, pour les entreprises mais également pour les actifs. Nous savons que se profilent devant nous de profondes mutations du paysage de l’emploi. 
 
La formation professionnelle, un rôle moteur dans la relance de la France
 
Nous sommes convaincus que la formation professionnelle a plus que jamais un rôle moteur à jouer dans la relance et la reconstruction socio-économique. Elle est un puissant levier de sécurisation des parcours professionnels, une nécessité pour conserver son employabilité tout au long de sa vie active et un filet de sécurité pour des populations qui vont se retrouver, contraintes, sur le marché de l’emploi. Cependant, au-delà des nécessaires mesures d’urgence, au-delà des déclarations et des intentions, comment s’engager concrètement et durablement dans cette relance déjà tant attendue ?
 
Nous sommes mi 2021 et où en sommes-nous ? Les entreprises des secteurs d’avenir (IT, environnement, construction) ne trouvent pas les collaborateurs dont elles ont besoin pour construire cette France de demain.
 
Des entreprises engagées mais peu soutenues
 
Les entreprises les plus engagées sur des marchés nouveaux forment - faute de choix - déjà sur le terrain, les nouveaux collaborateurs de façon informelle et sur leurs fonds propres. Elles créent des milliers d’emplois contre vents et marées, prennent des initiatives et initient des activités de formations qui capitalisent sur des décennies de savoir-faire. Et pourtant, ce savoir-faire, cette capacité à former et à pourvoir en compétences un secteur en plein essor, sont empêchés par le refus quasi-systématique de certifier ces formations. En effet, plus de 80% des demandes de certification au répertoire spécifique sont refusées par France Compétences ![iv]. Or avec la nouvelle réforme, sans certification, la formation dispensée n’est ni reconnue, ni financée, ce qui constitue une régression majeure par rapport à la situation antérieure.
 
Concrètement, des dizaines de dossiers de formation ne passent pas le cap des analyses de France Compétences qui fait désormais autorité dans le domaine de la formation. De plus, cette agence instruit les dossiers au rythme de l’escargot quand celui du guépard est nécessaire : notre dernière expérience a consisté en plus de 9 mois d’instruction sans aucune interaction possible avec les instructeurs.
 
Une fois la décision prise, rappelons-le à plus de 80 % négative, les raisons de ces refus tiennent sur 3 lignes, à la frontière d’onomatopées. On propose un dialogue, une rencontre, prêt à entendre, à s’améliorer, mais la discussion est fermée ! Le seul recours c’est le tribunal administratif… Oui oui, vous ne rêvez pas, le tribunal administratif. Ces refus, sans possibilité de dialogue, constituent autant de signaux décourageant les entreprises à créer des parcours de formation adaptés aux enjeux de demain.
 
Il y a peut-être des progrès à réaliser et certaines entreprises doivent par exemple gagner en qualité pédagogique. Mais sans dialogue, le fruit du travail de centaines de collaborateurs pendant des décennies sur des métiers qui n’existent même pas encore dans les « répertoires nationaux officiels ou spécifiques de compétences » est alors ignoré, voire méprisé.  
Nous avons toujours 3 millions de chômeurs tandis que des milliers d’entreprises ne trouvent pas les ressources sur des métiers d’avenir qui offrent de superbes carrières.
 
Appel
 
Par la présente, avec de très nombreuses autres entreprises que nous croisons dans nos instances représentatives, nous lançons un appel solennel à France Compétences : en matière de formations, les meilleures pratiques sur les nouveaux métiers sont réalisées par les entreprises, et ce sont bien ces dernières qui recruteront demain ! Demandez à vos services de passer du temps dans ces organisations, demandez à vos services de travailler AVEC chaque entreprise engagée dans la formation au service de l’intérêt général, des emplois et des enjeux immenses qui sont face à nous.

Nous, nous sommes prêts à écouter, à évoluer, mais parlez-nous ! Peut-on ensemble, au-delà des réformes et de l’application aveugle de texte, parler un peu d’efficacité pédagogique et de l’intérêt général ? Il n’est pas trop tard pour venir nous rencontrer, découvrir nos métiers, et venir sur le terrain. Vous serez surpris de la passion de ces femmes et de des hommes, de l’immense secteur de l’environnement, qui grandira plus vite avec votre soutien sans faille.
 
Allons-nous, ensemble, nous donner les moyens de construire une France de l’emploi, compétitive, durable et porteuse de progrès pour tous ?
 
[i] Source : Pôle Emploi

[ii] Source : Rapport de Dell et l’Institut pour le Futur

[iii] Source : DARES

[iv] Source : www.francecompetences.fr
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