« Lors du protocole de Kyoto, en 1997, personne ne l'envisageait. Aujourd'hui, le CCS est considéré comme une technologie clé dans la lutte contre l'effet de serre », observe Olivier Appert, président de l'Institut français du pétrole. On n'aura jamais autant parlé du captage et du stockage géologique du CO2, autre appellation de la séquestration, que cette année, mais c'est qu'il y a urgence : les émissions mondiales de gaz carbonique ont augmenté de 3 % par an entre 2000 et 2006, au-delà des prévisions les plus pessimistes. Les recherches poursuivent leur bonhomme de chemin : injection de CO2 dans un aquifère profond sur le site de Sleipner, en mer du Nord, depuis 1996, et sur le site pétrolier de Weyburn, au Canada, depuis 2000, démarrage en 2006 d'une usine pilote de séparation du CO2 sur la centrale d'Esbjerg, au Danemark, etc. La plate-forme européenne ZEP (centrales thermiques zéro émission) prévoit dix à douze opérations de démonstration d'ici à 2015. Et la première société privée 100 % CCS, Geogreen, vient de voir le jour. Mais c'est surtout au niveau politique et réglementaire que les avancées sont les plus marquantes. « Le stockage du CO2 a fait son apparition dans les discours politiques, notamment lors de la réunion du G8 et au Conseil européen en mars 2007 », rappelle Olivier Appert. La convention de Londres, qui interdit l'immersion de déchets en mer, a été amendée afin d'autoriser l'injection de CO2 dans les couches géologiques sous-marines. Et des réglementations particulières sont en cours d'élaboration au niveau européen.