Les écrans plasma sont des produits
trop récents pour déjà les trouver dans les poubelles, mais les éco-organismes organisant le recyclage des déchets électriques et électroniques se préparent
à les voir arriver dans leurs collectes sélectives. L'une des difficultés sera d'extraire les poudres luminescentes, qui collent à la face interne de l'écran et dont l'excitation électrique produit une couleur. Parmi ces poudres figurent l'yttrium, une terre rare qui, associée à l'europium ou bien au vanadiate YV4, produit la couleur rouge. L'yttrium était déjà utilisé sur les dernières générations d'écrans à tube cathodique, à la place du sulfure de zinc dopé à l'argent, « moins cher, mais moins brillant », selon le fabricant Rhodia. Pour les spécialistes de la déconstruction sélective, l'enjeu est aussi de trouver à ces poudres une seconde vie. Car jusqu'à présent, sur les écrans
à tube cathodique, elles sont aspirées
à la surface de la « dalle » (le verre plat
de l'écran, par opposition au cône, qui est un verre au plomb), puis stockées en sacs et dirigées au prix fort vers une décharge de classe 1 ou une UVE pour déchets dangereux. Hélas, « des recherches menées à l'université de Bordeaux ont montré qu'un recyclage n'était pas économiquement envisageable, eu égard à l'infime quantité concernée : les terres rares sont noyées dans la poudre d'aluminium et les débris de verre », préfère prévenir Jean-Pierre Parisi, spécialiste du sujet. Quant aux écrans LCD, ils n'incorporent pas de terres rares, mais posent un autre casse-tête :
il va falloir récupérer le mercure contenu dans les tubes fluorescents qui les rétro-éclairent.