Une réglementation de 1999 impose de traiter les déchets de démolition infestés de termites. Mais, mise à part l'incinération des bois contaminés, les autres matériaux ne disposent pas de filières adéquates. Or, ils constituent le principal vecteur de dissémination de ces insectes xylophages. Le ministère du Logement, avec l'Ademe, a donc commandé une étude au Centre technique du bois et de l'ameublement (CTBA, nouvellement FCBA) avec pour site national d'expérimentation la ville de Thouars (Deux-Sèvres). L'étude a consisté à identifier des méthodes de traitement des déchets inertes de démolition, plâtres et gravats, les procédures de prise en charge, mais aussi celles de diagnostic et de déconstruction pour limiter les volumes à traiter. « Nous nous sommes aperçu que les diagnostics traditionnels passaient à côté de certaines contaminations et ne permettaient pas de maîtriser le risque de dissémination », précise Catherine Lalu, directrice du service urbanisme et de la cellule termites de la commune. Deux modes de traitement ont été validés avec succès : un traitement chimique et un autre par immersion. « En revanche, nous n'avons pas de solution satisfaisante pour les terres. Beaucoup sont contaminées et transportées lorsque les chantiers nécessitent des tranchées ou en cas de gestion paysagère. Nous souhaitons maîtriser aussi ce risque, à ce jour non réglementé », souligne Catherine Lalu. Des essais en fumigation, plus prometteurs, seront poursuivis. L'expérience de Thouars devrait être très utile pour la soixantaine de départements sinistrés et un guide des bonnes pratiques est à l'étude pour aider les communes à imposer des contraintes dans les permis de démolition et développer des sites de traitement locaux. En attendant des compléments réglementaires.