Soutenu par le WBCSD (World Business Council for sustainable development), IBM et trois industriels (Nokia, Pitney Bowes et Sony) ont créé une base de données de brevets à caractère environnemental, induisant la réduction de déchets, de matières premières, d'énergie ou d'eau. « Il en va de la responsabilité des entreprises de contribuer à réduire ces impacts environnementaux et, selon IBM, certains brevets ont plus de valeur de par leur bénéfice public que par la monétarisation qu'ils amènent », soutient Michael Maloney, responsable des relations publiques pour les questions environnementales chez IBM Corp. Un raisonnement qui a déjà conduit le fabricant à renoncer à des droits d'auteur dans le domaine de la santé ou de l'éducation. Trente et un brevets sont déjà en accès libre sur le site du WBCSD, dont 27 issus de la recherche d'IBM. On notera un emballage de calage écoconçu, apportant gain d'espace et réduisant les déchets par rapport aux mousses traditionnelles. Ou un procédé de nettoyage de surface à l'ozone évitant l'usage de solvants liquides, ou encore le procédé Nokia de réutilisation de composants de téléphones portables dans de nouveaux appareils (montres, calculettes, appareils photos, etc.). La philanthropie des contributeurs n'est cependant pas sans limites, car il est évident que certains brevets sont stratégiques. Le récent développement du recyclage des « wafers » (ces galettes de semi-conducteurs en silicium) en panneaux photovoltaïques a bien évidemment vocation à n'être cédé que sous licence. Cela dit, IBM et ses partenaires espèrent bien que leur initiative fera boule-de-neige. L'idée est que ce partage de savoir-faire fasse émerger des projets de collaboration et, à terme, de nouveaux progrès environnementaux. Plusieurs industriels se sont déjà déclarés intéressés pour adhérer au système, même si aucun objectif n'a été fixé en termes de nombre de brevets à déposer.