Ce n'est pas son premier cri d'alarme, mais celui-ci profite de l'écho créé par le Grenelle de l'environnement. L'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) souhaite « alerter les pouvoirs publics sur les incertitudes qui pèsent sur l'approvisionnement en matériaux de construction » au regard des ambitions affichées par le Grenelle (construction de lignes TGV, bâtiments basse conso, etc.). La production de granulats est passée de 400 Mt en 2003 à 447 Mt l'an dernier, et « une augmentation entre 10 et 15 % est encore attendue ces dix prochaines années, selon Dominique Hoestlandt, président de l'Unicem. Or nous n'avons pas de visibilité sur les réserves ». La situation est déjà tendue dans certaines régions, comme l'Ile-de-France, l'Aquitaine ou le nord de l'agglomération toulousaine. Aussi l'Unicem plaide-t-elle pour que l'État mette en place un « observatoire de l'état des réserves » qui lui offrirait une visibilité, lasse d'attendre les résultats d'un inventaire commandé au BRGM il y a pourtant trois ans. La fédération réclame aussi la révision des schémas départementaux des carrières à la lumière des difficultés d'approvisionnement local, l'allongement des durées d'autorisation à trente ans et une clarification des critères de recevabilité des dossiers d'autorisation. Le recyclage n'est pas oublié, l'Unicem formant le voeu de porter le gisement de grave recyclée à « 45 ou 50 Mt » contre 25 aujourd'hui (14 Mt de bétons de démolition et 11 Mt de scories industrielles). Enfin, le granulat marin est sous-exploité, selon la profession, ne fournissant que 2 % de la production.